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A l’heure de l’affirmation des corps fluets, le peintre Abderrazak Benyakhlef affectionne des formes voluptueuses
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A l’heure de l’affirmation des corps fluets, le peintre Abderrazak Benyakhlef affectionne des formes voluptueuses

Par: le samedi, juillet 10, 2010

Il a un regard perçant et lumineux qui peut se transformer le temps d’une seconde pour devenir distant mais accueillant.

Une bienveillance aussi, mais une exigence envers soi et ceux qui l’approchent, difficile de faire dire à cet artiste – qui présente dans ses toiles des femmes sous des « traits exagérés » et des « formes volumineuses » – ce à quoi il n’a pas songé : telle est la première impression que donne l’artiste Abderrazzak Benyakhlef à celui qui l’aborde pour la première fois.

Benyakhlef, qui se revendique volontiers du peintre et sculpteur colombien, Fernando Botero, dont il affectionne l’univers des personnages aux formes voluptueuses et proéminentes, est médecin mais peint le reste de son temps libre.

« La peinture est mon antidépresseur », a déclaré sans détours à la MAP l’artiste, en marge de son exposition initiée par la Galerie Fan-Dok, jeudi à Rabat, sous le thème « Marocaines vues par Benyakhlef ».

Le peintre, qui utilise une superbe palette de couleurs, se joue d’elles dans toutes ses toiles pour y faire camper des formes de femmes bien arrondies, sous des traits exagérés sur lesquels toute personne, qui s’y trouverait en face, rira aux éclats.

En tout cas, les bien portantes s’en réjouiront à l’heure où la mode penche pour les corps fluets, à la  » Claudia Schiffer » dit, un regard amusé, l’artiste Benyakhlef.

Une multitude de sujets tantôt sérieux tantôt loufoques sont traités dans cet univers chargé de significations que présente Benyakhlef en magnifiant la femme sous des formes bombées, en donnant à son visage un aspect radieux par moments.

« J’essaye de faire sortir la femme de son carcan habituel, qu’est le foyer, pour montrer qu’elle peut porter une djellabah et être assise au bord de la mer, ou être dehors en train de déguster un thé ou devisant avec une amie dans un café » de choses et d’autres de la vie, a-t-il expliqué.

Sur d’autres toiles figurent des thèmes sérieux – une femme studieuse lisant un journal ou encore une autre, très avertie feuilletant « Désert « , le premier best-seller de Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008.

Sur ses tableaux sont traités, en revanche, des sujets où l’artiste cherche à montrer un côté enjoué quant à sa perception du quotidien des femmes, comme ce portait d’une fleuriste bien ronde penchée avec ses formes généreuses sur des roses d’un rouge vif, ou encore cette scène de « hammam » où la maman, qui lave sa petite fille, sont toutes les deux montrées avec des corps imposants qui dominent l’espace de la toile, ou la toile illustrant une femme dont les formes débordent et cachent le cadre métallique de la carcasse du vélo qu’elle monte et qui va craquer comme une coquille d’Œuf.

L’artiste-peintre, natif de Fès, vit depuis plusieurs années à Agadir où il exerce la profession de médecin. Epousant une peinture figurative dans cette exposition, il focalise tout son travail et son énergie gestuelle sur le corps avec une justesse et une concision dans l’expression « la boudeuse » et l’attitude des personnages.

Des corps en mouvements, méditant, en criant le sérieux et le ludique de la vie, sont l’expression d’une urgence et d’une sensibilité sincère chez cet artiste serein mais rentrant sa colère.

Cette gamme de tons vifs et chauds dans ses Œuvres – jaune, vert, rouge fougueux, bleuŒ-, tels qu’ils se présentaient à la vue, égrainés, se disputaient les faveurs des visiteurs de cette exposition.

« Mon univers pictural est chargé d’émotion corporelle qui prend des formes généreuses », tenait à dire l’artiste sur un ton grave mais non dénué d’un certain humour.

Où puise-t-il toute cette justesse du mouvement et cette passion des formes volumineuses ?  » Dans mon attachement peut-être à ma mère » répond-il, avec une certaine hésitation dans la voix, en situant son parcours :  » je ne suis pas venu à la peinture sur le tard. Enfant déjà, je gribouillais énormément ».

Mais s’il y a une donne qui structure sa vocation pour la peinture, que l’artiste n’arrivait pas lors de cette entrevue à définir, c’est cet amour que lui ont exprimé ses petits copains à l’école parce qu’il dessinait sur leurs cahiers.

Source : MAP

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