Liens commerciaux
      Archives
    Commentaires récents
Arabesque : plus qu’un festival
Actualités du Maroc » Culture, Economie, Medias, Politique, Santé, Sciences, Société, Sport » Arabesque : plus qu’un festival

Arabesque : plus qu’un festival

Par: le vendredi, mars 27, 2009

Washington – Pendant trois semaines à Washington, des dizaines de milliers d’américains se sont rendus au Centre Kennedy pour les arts scéniques à l’occasion du Festival « Arabesque » pour y découvrir la richesse des arts et la diversité de la culture arabe.

Par Susan Koscis*

Washington – Pendant trois semaines à Washington, des dizaines de milliers d’Américains se sont rendus au Centre Kennedy pour les arts scéniques à l’occasion du Festival « Arabesque » pour y découvrir la richesse des arts et la diversité de la culture arabe.

Par Susan Koscis*

Cet événement sans précédent autour de la musique, de la danse, du théâtre, du cinéma, de la littérature, de l’art, de la photo, de la sculpture, de la cuisine, du design, de la mosaïque, de l’artisanat, de la mode et même d’un souk (marché) vendant de l’artisanat d’art fabriqué dans les pays arabes, a donné un aperçu du monde arabe au public américain.

« Nous avons présenté de nombreux festivals au Centre Kennedy tout au long de ces années, mais je tenais particulièrement à mettre en avant la beauté et l’humanité de la culture arabe, a indiqué Alicia Adams, la vice-présidente de la programmation internationale du Centre Kennedy. Je pense qu’il n’y a pas mieux que les arts comme terrain d’entente. »

Négocier la politique et la logistique d’Arabesque a nécessité plus de cinq années d’un travail colossal. Le festival, présenté en collaboration avec la Ligue arabe, a attiré plus de 800 artistes de 22 pays arabes. Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a relevé le fait que jamais auparavant des artistes provenant de 22 pays arabes n’avaient été représentés sous un même toit, au sein d’un même festival.

Les chiffres sont stupéfiants : 800 artistes et 800 visas ; 40 groupes en représentation ; 8 expositions ; 6 cinéastes ; 26 écrivains ; des représentations simultanées dans 5 salles ; 300 volontaires ; 2 tonnes de marchandises ; 47 robes de mariées ; 400 pièces de poterie en terre cuite ; des conversations téléphoniques à travers 10 fuseaux horaires ; 2’900 nuits d’hôtel et 175 techniciens de scène.

Le festival a permis aux Américains de voir, d’entendre et d’apprécier les saveurs de la culture arabe. Il nous a également permis de faire face à nos éventuels préjugés culturels, de les faire tomber pour ensuite redéfinir ce que c’est que d’être arabe. L’élément central, tout au long de ces 21 jours, a été de raconter de vraies histoires concernant de vraies personnes. Le cinéaste palestinien George Ibrahim a déclaré : « Nous venons avec nos propres histoires. Nous sommes ici pour parler aux gens. »

Khaled Mattawa, président de Radius of Arab American Writers (RAWI), a été consultant auprès du festival. Il espère que ceux qui ont assisté aux spectacles « sont repartis avec une plus grande et plus juste compréhension de cette société, mais aussi avec un plus grand respect pour l’acte universel et essentiel de création, pour l’humanité essentielle d’une personne – accentués et multipliés par les arts. »

Certaines oeuvres théâtrales font état des conflits qui ont tourmenté la région mais, précise Alicia Adams. « C’est plus l’aspect humain dont il est question, le sacrifice humain. Qu’arrive t-il aux amoureux lorsqu’ils ont été séparés ? Qu’arrive-t-il lorsqu’une personne décède ? Ces oeuvres abordent des questions psychologiques et philosophiques. »

L’artiste visuelle d’origine libanaise, Lara Baladi, voit le festival comme « une première étape importante ». « Rejoignez-nous. Nous sommes Arabes. Nous sommes artistes. » lance-t-elle. Elle espère que le festival a contribué à « créer une passerelle qu’il faut encore construire. »

J’ai visité le Centre Kennedy plusieurs fois pendant le festival et j’ai été particulièrement frappée par le nombre de familles accompagnées de jeunes enfants (certains assis par terre dans les grandes salles) qui pique-niquaient avant le spectacle. Il y avait des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, des Américains d’origine arabe et d’autres origines ethniques.

Si l’ambiance était festive, il semblait que nous comprenions implicitement que quelque chose d’important était en train de se passer ; et nous y participions !

Pendant trop longtemps aux Etats-Unis, les nouvelles en provenance du Moyen-Orient n’ont porté que sur les conflits et la violence. En conséquence, les Arabes sont devenus les personnages unidimensionnels qui apparaissent dans les bulletins d’informations à la télé et sur les photos des magazines.

Toutefois, Arabesque a changé la donne. Tout sourire, les 140 enfants syriens qui composent le choeur Al Farah, fondé par le père Elias Zehlawi en l’église Notre Dame de Damas à Damas, par exemple, ont attendri les coeurs pendant leur tour de chant. Nous avons ressenti leur fierté et, en retour, nous étions fiers de les avoir ici.

En fin de compte, le festival a parlé de respect. Pendant 21 jours, l’une des prestigieuses institutions culturelles des Etats-Unis a fêté les cultures de peuples que nous, Américains, connaissons peu. De cette façon, nous avons fait preuve de respect et d’humilité, deux sentiments trop souvent absents de la politique officielle du gouvernement américain.

Quelque chose d’important est survenu ici. Ceux qui parmi nous ont eu la chance de participer à ce festival ne sont pas prêts de l’oublier.

###

*Susan Koscis est directrice de la communication de l’organisation Search for Common Ground. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 27 mars 2009, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Be Sociable, Share!

Mots clés de l'article

Notes : , , , , , , , , , , ,