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Biodiversité : Menace sur les aires protégées
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Biodiversité : Menace sur les aires protégées

Par: le lundi, juin 30, 2008

En 1996, les pouvoirs publics ont développé une stratégie pour l’identification et la conservation de 154 Sites d’intérêts biologique et écologique (SIBE), dont 10 parcs nationaux, couvrant 3% de la superficie du pays.

Ces aires protégées sont perçues en tant qu’éléments essentiels de la politique nationale de développement durable. Dans ce contexte, un Projet de gestion des aires protégées (PGAP), financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), a vu le jour en 1998 pour renforcer la capacité institutionnelle nationale en matière de conservation et d’utilisation durable des ressources naturelles, à travers la contribution à la mise en place d’un système national des aires protégées.
Plus d’une décennie après le lancement des ces actions, quel bilan peut-on dresser dans ce domaine ? Le Haut commissariat aux Eaux et Forêts souligne l’existence de centaines de microprojets soutenus par des bailleurs de fonds et qu’une gestion durable effective existe dans les parcs nationaux et les aires protégées, associant collectivités locales, société civile, ONG, coopératives et plusieurs autres intervenants.

En revanche, le public dénonce le retard accumulé dans la création d’un cadre réglementaire pour protéger ces espaces. « Sur le plan législatif, le Haut commissariat aux Eaux et Forêts a élaboré des lois relatives aux aires protégées et à la protection des espèces menacées. Bien que ces lois suivent le circuit officiel, loin est encore leur approbation et plus loin encore leur mise en œuvre », alerte un responsable de la Coopération technique allemande (GTZ) au Maroc. « Bien que les allocations budgétaires augmentent d’année en année, elles sont encore loin de couvrir les dépenses réelles liées à la gestion de ces aires qui, sans l’appui de partenaires internationaux, leur fonctionnement risque de ne pas durer », ajoute-t-il.

En parallèle, des voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de volonté politique dans le traitement de ce dossier : « Qu’en est-il des lois sur les aires protégées ? », « Où est donc passé le Comité consultatif national des parcs nationaux ? », « Les trois biosphères n’ont pas pu créer leur comité de gestion, faute de cadre légal », « Au Maroc, les aires protégées et les biosphères, ce sont deux sujets qui n’existent que sur le papier »…
C’est dans ce contexte de dégradation de l’environnement et dans le cadre du programme de travail sur les aires protégées de la Convention de Rio sur la diversité biologique, que le département des Eaux et Forêts a organisé dernièrement un atelier de réflexions sur la création d’un pôle d’excellence concernant ces aires au Maroc. « Nous n’avons pas beaucoup d’expériences en matière de gouvernance de la forêt, d’où le projet de la mise en place d’un pôle d’excellence interdisciplinaire pour les aires protégées.

Il faut abandonner l’approche sectorielle et opter pour la gestion concertée et à toutes les étapes », lance un responsable au département des Eaux et Forêts.
Pour certains, il est demandé à ce nouveau groupe d’emprunter la voie des scientifiques occidentaux qui ont intensifié le débat sur la dégradation de la biodiversité en le déplaçant au niveau politique.


Pôle d’excellence

Le pôle d’excellence sur les aires protégées au Maroc pourrait jouer un rôle moteur en tant qu’espace de communication et de diffusion des informations concernant ces aires. Pour cela, il devrait être un espace d’expertise interdisciplinaire, avec compétences diversifiées qui travaillent en synergie et privilégient les échanges et les interactions. Mais il pourrait aussi être un espace de développement des compétences, assurant les liens entre enseignement, recherche appliquée et pratiques de terrain et la capitalisation des expériences et des compétences nationales. Mieux encore, il pourrait être un espace d’innovation pertinente, soit à propos des enjeux de la biodiversité, soit à propos des enjeux de la gouvernance, vers la ‘’patrimonialisation des aires protégées ».

Dans ce cas, ce pôle devrait être capable d’engager les acteurs sociaux pour promouvoir de nouvelles politiques et de nouvelles façons de faire. Il devrait également mettre en exergue l’exemplarité des situations où la conservation de la diversité bioculturelle du pays s’accompagne du développement humain.

Par Rachid Tarik | LE MATIN

www.lematin.ma

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