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Bourse de Casa : hausse timide sur fond d’attentisme des investisseurs
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Bourse de Casa : hausse timide sur fond d’attentisme des investisseurs

Par: le samedi, juin 6, 2009

Le Masi est sorti du rouge en mai et affiche une performance modeste de 0,39% au 25 du mois. Le manque de visibilité sur les résultats semestriels et sur la résilience de l’économie contraignent toutefois à l’attentisme. Une majorité d’analystes n’envisagent pas la reprise du marché pour tout de suite.

Le Masi est sorti du rouge en mai et affiche une performance modeste de 0,39% au 25 du mois. Le manque de visibilité sur les résultats semestriels et sur la résilience de l’économie contraignent toutefois à l’attentisme. Une majorité d’analystes n’envisagent pas la reprise du marché pour tout de suite.

Le yoyo persiste à la Bourse de Casablanca. Du 1er au 25 mai, sur les 16 séances qu’a compté la période, 7 auront vu le Masi, indice regroupant toutes les valeurs de la cote, s’orienter à la baisse contre neuf séances haussières. Après un premier trimestre globalement baissier, et un mois d’avril qui a connu un léger rebond, effaçant les pertes accumulées et ramenant la performance de l’indice depuis le début de l’année dans le positif, c’est donc de fluctuation qu’il s’agit à présent pour la place casablancaise. Pourquoi aucune tendance ne se dessine pour l’heure ? Une seule explication à cela selon les spécialistes : l’hésitation des intervenants sur le marché. Cet attentisme s’explique par « les doutes qui pèsent sur certains secteurs et par la morosité de l’économie internationale », jugent les analystes d’Attijari Intermédiation. Mis à part une évolution incertaine de l’indice, cette hésitation se retrouve également dans la faiblesse des volumes traités. En fait, cette situation a caractérisé l’année 2009 dès son entame. Sur le premier trimestre, le volume hebdomadaire moyen ressort à près de 1,3 milliard de DH alors qu’il dépassait les 2 milliards de DH à la même période de l’année passée. Par la suite, la décrue des volumes n’a fait que s’accentuer. Durant mars et avril 2009, les volumes de transactions sur le marché central se sont contractés de 30% pour s’établir à 229 MDH en moyenne par jour. Sur la première semaine de mai, l’indice a évolué dans des volumes d’autant plus faibles, avec en moyenne 169 MDH par jour contre 174 MDH une semaine auparavant. La deuxième semaine de mai a marqué une reprise toute relative à 239 MDH de moyenne quotidienne traitée sur le marché central. Cette reprise, les bruits de marché l’attribuent à un positionnement affirmé à l’achat de la Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite (CIMR) et, dans une moindre mesure, de la CNIA sur de petites capitalisations technologiques (Matel, Distrisoft…). Le manque de visibilité sur les résultats semestriels et sur la résilience de l’économie contraignent toutefois à l’attentisme.

La reprise pour fin mai, selon certains analystes
Cela étant, bien que le Masi évolue de manière fluctuante et qu’il n’implique que de faibles volumes, sa variation nette demeure haussière. De fait, du 30 avril au 25 mai, il aura pris près de 1%, à 11 027 points, ce qui préserve sa performance depuis le début de l’année à 0,39%. Certains analystes y voient le signe avant-coureur d’une hausse plus prononcée. « Historiquement, la réinstallation d’une phase haussière durable à la Bourse est précédée d’une hausse hésitante impliquant de faibles volumes », observe un professionnel. Mais dans la conjoncture actuelle, l’économie réelle doit aussi y mettre du sien. Celle-ci émet justement des signaux de reprises qui demeurent certes hésitants mais qui sont bien là, surtout pour certaines industries à l’exemple de celle du ciment. « Si ces signaux se confirment à fin mai, cela devrait se répercuter assez rapidement sur le marché boursier ». D’autres ne voient dans la légère hausse actuelle qu’un phénomène ponctuel. « A ce jour, la tendance de fond du marché reste baissière », indique Kamal Bennani, directeur commercial d’Orange Asset Management. Cela se justifie, selon lui, par un quasi statu quo défavorable maintenu au niveau structurel, situation que l’été ne fera que prolonger au vu des anticipations négatives sur les résultats semestriels. Même son de cloche du côté de BMCE Capital Bourse. « Nous pensons que la phase d’hésitation entamée depuis mars 2009 devrait se prolonger », mais à « court terme » seulement, indiquent les analystes de la société de Bourse dans leur dernière note mensuelle. Cependant, « le marché est toujours inscrit dans le cycle baissier amorcé depuis mars 2008 », tiennent-ils à rappeler. Du côté de CFG Marchés, les anticipations vont dans le sens de la poursuite à long terme de la consolidation du marché. On s’en justifie par la révision des estimations de certains secteurs à la baisse au titre de 2009, ce qui a relevé le Price Earning Ratio (P/E) du marché à près de 16, laissant donc entrevoir un potentiel de baisse additionnel. Ce potentiel pourrait être important si l’on considère qu’historiquement le P/E du marché avait atteint, lors de la phase baissière de 1999 à juillet 2002, un plus bas de 10 en 2002.

10% de croissance pour les bénéfices des sociétés cotées en 2009, selon CFG
Toutes ces anticipations devraient se traduire concrètement par une évolution du Masi dans un canal se situant entre 10 500 et 11 300 points, ce qui ne l’éloigne pas de son niveau actuel. Mais qu’ils soient optimistes ou plus modérés sur les perspectives à court et moyen terme du marché, les analystes préconisent tous de ne pas s’en désengager. D’abord parce que le marché reste prometteur en termes de prévisions de bénéfices de toutes les valeurs de la cote. Attijari Intermédiation estime la croissance bénéficiaire globale du marché à 17,4% en 2009, ce qui l’établirait à 33,2 milliards de DH. La cellule analyse et recherche de BMCE Capital Bourse table, elle, sur une croissance de cette capacité de l’ordre de 16,6% pour l’année en cours. Cela ferait presque passer CFG marchés pour pessimiste alors que la société de Bourse table quand même sur une croissance à 2 chiffres, soit 10% (hors Managem et Samir). Bien sûr, toutes ces prévisions sont susceptibles d’être révisées à la baisse si les bonnes réalisations escomptées ne sont pas au rendez-vous au premier semestre, ou encore si les indicateurs macroéconomiques et sectoriels venaient à s’inscrire en décélération plus prononcée sur la période. Mais, « même si la croissance bénéficiaire de 2009 n’apporte pas les chiffres espérés, cela ne met pas en doute la solidité des fondamentaux », tranchent les analystes d’Attijari. Les fondamentaux, c’est justement tout ce qui doit compter selon Nabil Ahabchane, directeur du département gestion de patrimoine à la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites (CIMR), qui figure parmi les institutionnels les plus pesants sur le marché. « La Bourse de Casablanca ne change de tendance lourde que sur la base de données fondamentales », explicite-t-il. Il en veut pour preuve l’évolution sur les 15 dernières années de l’indice CFG 25 (agrégeant les 25 valeurs les plus liquides du marché casablancais) qui a marqué au pas, sur la période, l’évolution de la masse bénéficiaire des sociétés cotées. Cette corrélation a été clairement mise en évidence par la récente correction observée sur la place. Celle-ci n’est intervenue « que pour réduire la divergence entre les niveaux de cours et la capacité bénéficiaire qui s’est installée à partir de 2006 sous l’impulsion des valeurs immobilières », rappelle M. Ahabchane. Mais que nous disent justement aujourd’hui les fondamentaux sur la place casablancaise ? « Ils sont révélateurs de beaucoup d’opportunités ». C’est en substance le message que s’emploient à délivrer les analystes d’Attijari Intermédiation aux plus grands investisseurs institutionnels dans le cadre d’un road show mené par la société de Bourse pour présenter ses recommandations d’investissement pour 2009. Son argumentaire se base sur la réduction significative de l’écart constaté en 2008 entre le P/E du marché et le P/E cible basé sur les cours objectifs des valeurs du marché. De son niveau alarmant de 15,9 points en 2008, cet écart est descendu à seulement 3,3 points en 2009. Cette amélioration s’explique donc, d’une part, par la croissance bénéficiaire estimée en 2009, et, d’autre part, par la correction subie par le marché depuis juin 2008. Il en ressort que le marché est aujourd’hui correctement valorisé, et pourrait même présenter une décote par rapport à son P/E théorique. « Mais pour cela une correction ciblée doit s’opérer pour ramener certaines valeurs telles que BMCE et CGI vers des niveaux de cours plus raisonnables », relativisent les analystes. « En attendant, il ne faut pas se priver de certaines opportunités de placement ». Celles-ci ont été justement clairement définies par notre synthèse des recommandations à l’achat des plus grandes sociétés de Bourse présentée dans la rubrique « Votre Argent » du 8 mai 2009.

Avis d’expert imane mahboub, Directeur adjoint de la gestion à CD2G, filiale de CDG Capital :

« Le marché est correctement valorisé avec de bonnes opportunités d’investissements »

Sans grande surprise, les premiers mois de l’année 2009 se sont inscrits dans la continuité de la baisse entamée en 2008. En effet, l’année dernière a mis fin à un cycle de croissance qui aura duré cinq ans. La crise internationale a ainsi joué le rôle d’un « Wake up call » chez les investisseurs locaux qui ont prôné un retour salutaire aux fondamentaux. Apres avoir atteint un plus bas de -14,3% sur les premières séances de cotation de l’année en cours, le marché s’est ressaisi pour revenir à +0,82%, mais avec une volumétrie faible. Cette baisse d’activité se justifie essentiellement par un climat d’attentisme et d’incertitude qui règne sur la place casablancaise et qui a été nourri par des réalisations annuelles des sociétés cotées en quasi-stagnation et par la dégradation de certains chiffres macroéconomiques. Concernant l’année 2009, en dépit de prévisions de croissance des résultats comprises entre +15% et + 25% (selon les analystes du marché), la morosité actuelle du marché pourrait perdurer jusqu’à la publication des réalisations semestrielles prévues pour le mois de septembre et qui devraient fournir plus de visibilité aux investisseurs. Notre vision est confortée par deux éléments : Premièrement, l’analyse des chiffres macroéconomiques sur le premier trimestre 2009 dénote d’un ralentissement de l’activité économique. A titre d’exemple : au niveau sectoriel, les ventes de ciment ont ralenti de 1,6% à fin avril 2009, au niveau de la balance des paiements, les concours à l’économie se sont inscrit en quasi-stagnation sur les trois premiers mois, les exportations ont reculé de 30% sur un an glissant, les transfert de MRE et les recettes de voyage ont baissé respectivement de 14% et 21% sur la même période. En deuxième lieu, la progression estimée de la masse bénéficiaire en 2009 sera principalement tirée par le secteur immobilier et par un retour probable à l’équilibre des sociétés ayant enregistré un résultat déficitaire en 2008. En définitive, nous estimons que le marché dans sa globalité est correctement valorisé. Toutefois, il existe toujours des opportunités d’investissement sur certaines valeurs qui demeurent sous évaluées.

Reda Harmak
Lien : http://www.lavieeco.com/votre-argent/13905-bourse-de-casa-hausse-timide-sur-fond-dattentisme-des-investisseurs.html
Date de publication : 08/06/2009

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