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Chose locale:L’Intérieur s’attaque à la mauvaise gestion
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Chose locale:L’Intérieur s’attaque à la mauvaise gestion

Par: le samedi, janvier 31, 2009

Fini l’impunité qui a longtemps régné en matière de gestion de la chose locale. Désormais, la lutte contre ce phénomène s’institutionnalise grâce à la mise en place de commissions d’enquêtes par le ministère de l’Intérieur. Leur rôle consiste au contrôle et à l’examen des dossiers relatifs à la gestion d’un ensemble de communes.

Fini l’impunité qui a longtemps régné en matière de gestion de la chose locale. Désormais, la lutte contre ce phénomène s’institutionnalise grâce à la mise en place de commissions d’enquêtes par le ministère de l’Intérieur. Leur rôle consiste au contrôle et à l’examen des dossiers relatifs à la gestion d’un ensemble de communes.
Elles ont élaboré des rapports établissant des irrégularités dans la gestion de certaines d’entre elles, indique jeudi un communiqué de l’Intérieur.
La célérité avec laquelle le ministère a réagi aux anomalies n’est pas surprenante. Car à l’occasion de la toute récente installation de nouveaux walis et gouverneurs, il a fait comprendre qu’il agira contre tout ce qui a trait à la mauvaise gestion. C’est donc loin d’être une chasse aux sorcières comme d’aucuns ont voulu faire croire. Durant cette même journée du jeudi, un autre communiqué du Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca a fait état de cinquante cinq personnes placées en détention et deux autres, en état de liberté, mises sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction.

Et ce, pour leur liaison avec les constructions clandestines au quartier Lahraouiyine. Parmi ces personnes figurent des agents d’autorité (4 caïds), des auxiliaires d’autorité (1 khalifa, 10 chioukh et 3 mokadams), 5 éléments des Forces auxiliaires, 9 gendarmes, 6 agents techniques de la préfecture, 3 conseillers communaux et 16 spéculateurs immobiliers. Ils sont accusés de trafic d’influence, corruption, réalisation de lotissements immobiliers et d’habitat sans autorisation, construction sans permis et escroquerie. Et ce n’est pas fini. L’enquête se poursuit pour identifier d’autres personnes éventuellement impliquées dans cette affaire. En tout, 70 personnes avaient été arrêtées et présentées au parquet, pour leur implication présumée dans la réalisation de lotissement d’habitat sans autorisation, construction de logement et réalisation illégale de hangars destinés à des activités commerciales diverses.

Pour revenir au travail des commissions, mené pendant six mois par l’inspection générale de l’Administration territoriale, le département de Chakib Benmoussa a décidé 23 révocations à l’encontre d’élus locaux. Il a, également, entamé les mesures de révocation à l’encontre de trois présidents de communes, en l’occurrence, ceux de la commune urbaine de Meknès, Lahraouyine et la commune rurale de Oulmès. Sur cette question particulièrement sensible du moment où certains partis politiques peuvent se sentir directement visés en cette période électorale, l’Intérieur a tenu à apporter quelques précisions. Ainsi, peut-on lire dans le communiqué susmentionné, que « ces mesures ne doivent pas être interprétées comme étant dirigées contre une partie ou une formation politique déterminée ». Allusion est faite au PJD qui dirige la commune de Meknès et qu’il a toujours présentée comme un exemple de la bonne gestion. La même source précise que les mesures prises à l’encontre d’Aboubakr Belkora, suite à la constatation d’irrégularités, ont été communiquées au secrétaire général de la formation précitée, deux semaines avant sa mise en application.

Et ce, en marge de la réunion tenue au ministère de l’Intérieur avec les dirigeants des partis politiques et consacrée à la préparation des prochaines échéances électorales. Toutefois, les responsables du PJD ne le voient pas de cet œil. Contacté, Lahcen Daoudi, membre dirigeant, ironise en disant que « toutes les villes sont bien gérées et il n’y a que Meknes qui ne l’est pas ». Pour lui, mettre dans le même sac une grande ville comme Meknès et Lahraouyine est une illustration de la politique de deux poids deux mesures. Il reconnaît pourtant que les responsables PJD ne sont pas des saints et qu’il peut toujours y avoir des erreurs en matière de gestion. « Nous ne demandons pas de cadeaux. Belkora doit répondre aux accusations qu’on lui adresse ». Mais Daoudi trouve aussi « inadmissible qu’on veuille s’attaquer au PJD à travers Meknès ». Ce n’est pas l’avis d’Abdellah Harsi, président du Centre d’étude et de recherches sur les collectivités locales, qui estime que les mesures prises par l’Intérieur s’appliquent à tout le monde, agents techniques, gendarmes, Forces auxiliaires, et pas uniquement aux élus.

La démarche est donc loin d’être sélective et par conséquent ne peut être vue à travers le prisme électoral. Pour Harsi, plusieurs affaires étaient en cours ayant trait aux irrégularités et à l’habitat insalubre. En effet, l’Etat dépense beaucoup d’argent pour juguler les effets néfastes de ce phénomène et surtout sévir contre tous ceux qui l’utilisent à des fins purement électoralistes.
Par Mostafa Bentak | LE MATIN

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