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Contaminations au Tricastin, quatrième incident dans le nucléaire français en 15 jours
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Contaminations au Tricastin, quatrième incident dans le nucléaire français en 15 jours

Par: le jeudi, juillet 24, 2008

Un quatrième incident en quinze jours a affecté la filière nucléaire française, avec la contamination à faible dose mercredi matin de cent employés de la centrale nucléaire EDF du Tricastin (Drôme), « fait sans gravité » selon EDF mais qui « inquiète » l’association Criirad.

Vers 09H30, lors d’une opération de maintenance dans le bâtiment d’enceinte du réacteur N.4, « un tuyau à l’intérieur du bâtiment a été ouvert (…) et de la poussière radioactive s’en est échappée », a expliqué à l’AFP Alain Peckre, le directeur de la centrale. La préfecture et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont été aussitôt prévenues, a-t-il ajouté.
L’ASN a décidé de classer provisoirement cet incident au niveau 0 de l’échelle Ines, qui répertorie incidents et accidents nucléaires de 0 à 7.
A ce niveau, l’ASN ne rend généralement pas les incidents publics, mais le gendarme du nucléaire a tenu compte du contexte, a expliqué son directeur général Jean-Christophe Niel.

Interrogé sur la succession d’incidents, il a jugé qu’il s’agissait d’un « effet de série factice ».
« Il n’y a aucun lien » entre les deux incidents survenus en quinze jours au Tricastin, sur des établissements dépendant d’exploitants différents, a-t-il précisé.
Le nouvel incident touche la centrale EDF du Tricastin. Le 7 juillet dernier, une fuite d’effluents radioactifs d’une cuve de l’usine Socatri, filiale d’Areva spécialisée dans les déchets, avait entraîné le limogeage de son directeur. Cette « anomalie » avait été classée niveau 1.
Une autre fuite, la semaine dernière, d’effluents radioactifs dans une usine de fabrication de combustibles de Romans-sur-Isère (Drôme) a été classée également niveau 1.

Lors de l’incident à la centrale du Tricastin mercredi matin, 97 salariés d’EDF et d’entreprises sous-traitantes, qui travaillaient dans le bâtiment contaminé, ont été évacués vers l’infirmerie pour des examens médicaux après le déclenchement des alarmes de détection. 32 autres employés du site, ayant traversé peu avant le bâtiment ou l’ayant approché, les ont rejoints, selon la direction de la centrale.
Sur ce total, « 100 personnes ont été légèrement contaminées par des radio-éléments quarante fois inférieurs à la limite réglementaire annuelle », a indiqué Stéphanie Biabaut, chargée de communication de la centrale, qui compte quatre réacteurs de 900 mégawatts.
L’incident a eu lieu pendant un arrêt de tranche, alors que le combustible avait été retiré du réacteur pour des travaux de maintenance, a précisé l’ASN, qui attend les explications d’EDF sur l’origine du dégagement radioactif.

« Des investigations se poursuivent pour déterminer les causes de cet évènement, qui n’a pas de conséquence ni sur la santé des personnes ni sur l’environnement », a précisé Mme Biabaut.
Plusieurs centaines d’événements classés « zéro » sont répertoriés chaque année en France.
Dans un communiqué, le réseau « Sortir du nucléaire » a demandé « d’urgence » un débat national sur la sortie du nucléaire.
« Les contaminations de ce type, c’est un problème récurrent. Mais autant de personnes en si peu de temps, cela nous inquiète », a déclaré Corinne Castanier, directrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité).

Vendredi, 15 employés avaient déjà été contaminés par des radio-éléments — »très légèrement » selon EDF— sur un chantier de maintenance d’une unité de production de la centrale nucléaire de Saint-Alban/Saint-Maurice (Isère), sans que l’incident ait été classé par l’ASN.

© 2008 AFP

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