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Eclairage sur les sciences exactes au Maroc avant l’époque moderne
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Eclairage sur les sciences exactes au Maroc avant l’époque moderne

Par: le mercredi, juillet 16, 2008

« Les sciences exactes au Maroc avant l’époque moderne » est le thème qui a réuni mardi à Casablanca une pléiade de chercheurs marocains dans le cadre du cycle de conférences organisées par l' »Association pour le 1200e anniversaire de la Fondation de la ville de Fès« .

« Les sciences exactes au Maroc avant l’époque moderne » est le thème qui a réuni mardi à Casablanca une pléiade de chercheurs marocains dans le cadre du cycle de conférences organisées par l' »Association pour le 1200e anniversaire de la Fondation de la ville de Fès ».

La rencontre-débat à laquelle ont assisté de nombreuses personnalités, notamment Saad Kettani, Haut commissaire de l’Association et Mohamed El Kabbaj, wali du Grand Casablanca, a été animée par l’historien Addesslam Cheddadi, le professeur de philosophie, Mohamed Aballag, le professeur d’histoire des idées, Bennacer El Bouazzati et le spécialiste de l’histoire des sciences, Ahmed Djebbar.

Ces éminents spécialistes de l’histoire ont, tour à tour, donné des éclairages sur l’évolution et la riche production des chercheurs marocains depuis l’époque médiévale.

Il ressort de leurs réflexions sur cette période assez féconde en matière de recherche scientifique qu’au niveau de l’histoire des activités scientifiques dans le Maroc médiéval (qu’on appelait à l’époque Maghreb Extrême, Al-Maghrib Al-Aqsâ), la période qui correspond aux XIIe-XIVe siècles, et qui est caractérisée sur le plan politique par les différentes tentatives de concrétisation d’un projet à l’échelle du Maghreb, est la période la plus étudiée est donc la mieux connue.

La première phase de cette longue période est d’abord Almoravide puis Almohade. Pour la tradition scientifique de la région, c’est, ont-ils noté, une époque de ralentissement des activités en Andalousie. Au Maghreb, c’est, en revanche, une phase de maturation qui n’a pas encore produit de nouveaux fruits (après l’apport des IXe ET XIe siècles qui s’est essentiellement manifesté dans le Maghreb oriental).

Mais c’est aussi, à leurs yeux, la phase où Sebta, Fès, Bejaïa, et surtout Marrakech, commencent à accueillir une partie de la production scientifique Andalouse et parfois même des acteurs éminents de ces sciences, Al-qurashi à Bejaïa, Ibn Bajja à Fès, Ibn Rashiq à Sebta, Ibn Toufail, Ibn Zohr et Ibn Mounaïm à Marrakech.

Cette période tendance s’affirmera d’ailleurs et se développera au XIIIe siècle, ont-ils rappelé, avant d’indiquer que durant la seconde phase, celle de l’empire Almohade, Marrakech s’imposera comme le pôle scientifique le plus important de l’Occident musulman, en relation avec Séville, le dernier foyer scientifique réellement dynamique de l’Andalousie. C’est la dernière phase de créativité de l’occident musulman dans différents domaines scientifiques, notamment en médecine, mathématiques, astronomie ou encore en agronomie.

Selon eux, la troisième phase qui correspond à celle des trois royaumes des Hafsides d’Ifriquia (Tunisie actuelle), des Banou Abdel Wad du Maghreb Central (Algérie actuelle) et des Mérinides du Maghreb Extrême (Le Maroc d’aujourd’hui) apparaît dans le domaine scientifique beaucoup plus comme une phase d’assimilation que de création.

C’est aussi celle où les prémisses de deux phénomènes importants voient le jour avant de se développer : la réduction du champ du savoir et le repli des activités vers des aspects utilitaires.

Pour les conférenciers, ces deux phénomènes étaient déjà bien perçus par les observateurs vigilants de cette époque comme Ibn Khadoun, qui les évoqués dans sa Muqadima. Ils sont confirmés et explicités par le contenu des documents scientifiques parvenus plus tard aux historiens. On y découvre, par exemple, une astronomie au service des pratiques religieuses et des mathématiques pour les héritages, les transactions commerciales ou encore l’arpentage des terres.

Mais, comparée à la production scientifique de l’Europe à la même époque, celle du Maghreb apparaît encore plus fournie et qualitativement plus riche, du moins dans les disciplines qui étaient encore pratiquées, ont-ils fait observer. Professeur à l’Université Mohammed V à Rabat, Abdesslam Chedadi est un éminent spécialiste de la pensée d’Ibn Khaldoun. Il est l’auteur notamment d »‘Ibn Khaldoun, revisité » (Marsam, coll. « connaissance historique », 1999).

Les études réunies dans ce livre font partie de la réflexion menée depuis une vingtaine d’années par Abdesslam Cheddadi sur Ibn Khaldoun, auteur d’une monumentale Histoire universelle, du Livre des Exemples (Kitâb Al-‘Ibar) et d’une longue autobiographie à forte dimension historique, le Voyage d’Occident et d’Orient.

Ahmed Djebbar est professeur à l’Université de Lille. Spécialiste de l’histoire des sciences, il a publié de nombreux travaux sur l’histoire des mathématiques arabe, en particulier, et l’histoire des sciences arabes, en général, notamment « une histoire de la science arabe » (Paris-2006) et « l’âge d’or des sciences arabes » (Paris-2005). Le dernier titre va paraître prochainement au Maroc en édition bilingue.

Mohamed Aballagh est professeur de philosophie à l’Université Ibn Tofail à Kenitra. Il a effectué de nombreuses recherches sur l’histoire des mathématiques au Maroc et est l’auteur d’une édition critique de l’ouvrage « Raf’ Al Hijab » du mathématicien marocain Ibn Al Bannâ Al Morrakouchi et d’un ouvrage sur ce même auteur en collaboration avec Ahmed Djebbar.

Bennacer El Bouazzati est professeur d’histoire des idées à l’Université Mohammed V à Rabat. Il est l’auteur de nombreux travaux d’épistémologie et d’histoire des sciences, notamment « Argumentation et construction : Essai et caractéristiques de la rationalité scientifique ».

Les festivités de « 12 siècles de la vie d’un Royaume » ont débuté le 5 avril dernier à Fès. Depuis, une caravane sillonne les 16 régions du Maroc, non seulement pour relater l’histoire marocaine en général mais aussi pour valoriser le patrimoine culturel local tout en mettant en exergue la contribution de chaque région à l’enrichissement de l’histoire du Royaume. Maroc 212 / MAP / Le Matin

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