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Festival de Carthage post révolution, entre improvisation et enthousiasme
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Festival de Carthage post révolution, entre improvisation et enthousiasme

Par: le jeudi, juillet 7, 2011

festival de carthageCarthage – Le spectacle a commencé avec deux heures de retard, un vent violent emportait partitions et voix des chanteurs. Mais le compositeur tunisien Ridha Chmak et ses musiciens n’ont pas boudé leur plaisir: ouvrir le premier festival de Carthage de l’après Ben Ali.

Et lorsque, à la fin de concert, Ridha Chmak a chanté « Le coq », un poème du syrien Nizar Kabbani semblé taillé sur mesure pour décrire l’ancien président tunisien, le public, hilare, a savouré le symbole.

Evénement culturel majeur en Tunisie, le festival de Carthage s’est ouvert mardi soir dans une ambiance désordonnée mais joyeuse. Trois spectacles se partageaient l’ouverture entre Carthage, la Goulette (nord de Tunis) et la capitale.

Sur le site splendide du musée de Carthage, dominant les ruines de l’ancienne cité et la Méditerranée, Chmak et ses 40 musiciens ont chanté des poèmes du Palestinien Mahmoud Darwich, du Tunisien Abou Kassem Echabi, ainsi que des créations expressément composées pour rendre hommage à la Révolution, qui a mis fin en janvier à 23 ans de pouvoir de Zine el Abidine Ben Ali.

« C’est le premier festival libre », souriait Hichem Amari, jeune violoniste de la troupe. « A partir de cette année, nous avons la chance d’avoir un vrai spectacle, une vraie création, de vrais musiciens », a-t-il ajouté, en insistant sur « le contenu révolutionnaire » du programme.

« C’est une expérience énorme, pleine de joie. Ridha a voulu rendre hommage à la révolution », a renchéri Rouada, chanteuse et étudiante.

Pour autant, les deux jeunes gens ont déploré l’improvisation et « la négligence » de l’organisation. « On a fait avec les moyens du bord », selon Hichem.

La scène n’a été installée qu’à la dernière minute. Les programmes imprimés n’étaient pas disponibles. Les affiches ont été collées le jour même de l’ouverture du festival. Et les musiciens

n’ont reçu les invitations pour leurs proches que quelques heures avant l’ouverture de la manifestation.
« La préparation a commencé en retard, vu les circonstances », se défend Abdelhamid Maraoui, secrétaire général du festival.

« Ce n’était pas simple. C’est difficile aussi d’attirer le public, qui a d’autres priorités en ce moment que la culture. Mais le staff du festival travaille jour et nuit, on espère que les choses vont se mettre en ordre », a-t-il ajouté.

La programmation a été difficile à mettre en oeuvre. Initialement, les organisateurs avaient prévu d’inviter le chanteur tunisien Lotfi Bouchnak pour ouvrir Carthage. Mais le syndicat des musiciens a protesté. Artiste trop marqué ancien régime. Alors il a fallu repenser la programmation. Les quelque 80 spectacles prévus cette année jusqu’à début août donnent la priorité à la création tunisienne.

« Il s’agit de la première édition après la Révolution, il était logique de mettre en valeur l’originalité de la scène tunisienne », selon Maraoui.

Autre souci, le festival, qui se déroule habituellement dans un lieu unique, l’amphithéâtre de Carthage, a été éclaté en plusieurs endroits différents, essentiellement pour des raisons de sécurité.

Enfin, le ministère de la Culture a réduit cette année le budget du festival passé de 5 à 2 millions de dinars, pour augmenter les subventions accordées aux festivals estivaux régionaux.

Source: emarrakech

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