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Festival de la culture soufie arroser l’âme et nourrir l’esprit
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Festival de la culture soufie arroser l’âme et nourrir l’esprit

Par: le lundi, avril 15, 2013

La 7-ème édition du festival de Fès de la culture soufie convie cette année, soufis de cœur, intellectuels raisonnés ou simples festivaliers à une recette soufie soigneusement préparée.

Sous le chêne pluri-centenaire du musée Al-Batha, qui abritera jusqu’au 20 avril les débats et concerts du festival, le président du Festival, Faouzi Skalli, a tenté de dégager les saveurs de ce plat soufi.musique-soufie

« La dimension spirituelle, lorsqu’elle existe, n’est, aucunement contradictoire avec d’autres dimensions de l’art, de la culture, de la pensée ou de la société qu’elle peut irriguer et nourrir », lance cet anthropologue et soufi de cœur et d’esprit.

Il essaie de démontrer que « lorsqu’ on s’achemine vers l’amenuisement de cette dimension spirituelle, ceci a pour conséquence de vider le sens religieux de sa véritable substance et de lui substituer une idéologie sociale et politique qui l’éloigne ou le dévoie de sa finalité ».

C’est ainsi, poursuit-il, que le Festival de Fès cherche à montrer que les deux dimensions, extérieure et intérieure, non seulement se complètent mais permettent d’envisager une nouvelle source d’inspiration et de créativité dans l’ensemble des domaines qui constituent notre culture humaine. « Elles peuvent dans cette complémentarité être aussi fondatrices d’une civilisation vivante, capable sans cesse de se renouveler pour servir toujours le même but : faire du destin humain le chemin d’un accomplissement spirituel ».

L’universitaire et spécialiste en soufisme, Abdellah Ouazzani, part de la thématique centrale de cette édition pour avancer qu’en soufisme, deux aspects sont intimement liés, voire indissociables : D’abord, l’aspect du comportement et de l’amour de l’autre, qui a pour mission d’arroser le cœur de l’être, et puis celui lié au chemin de la foi, qui est en quelque sorte le côté pratique de l’Islam.

C’est la rencontre de ces deux aspects qui donne au soufisme toute sa puissance et justesse, considère-t-il.

Cette force, l’écrivain et poète tunisien, Abdelwahab Meddeb, la trouve dans la capacité de convergence du soufisme, qui se trouve facilement articulée à d’autres croyances.

Le chercheur, qui ne cache pas sa préoccupation quant à l’instrumentalisation de l’islam et la destruction des symboles soufis dans son pays, considère que le retour à l’esprit du soufisme est l’une des voies de salut. Car, selon lui, le soufisme permet de mettre en place des « structures ouvertes et une véritable stratégie de l’altérité ».

Enfin, la chercheuse Saida Bennani voit que le soufisme est la recette, tout court. En étant à la fois le cœur de l’islam et un patrimoine universel vivant, le soufisme guide tout Homme qui aspire à connaître sa vérité et son rapport avec le créateur, souligne-t-elle.

Said Bennani, qui est connue pour ses travaux sur l’œuvre de Mohamed Iqbal, l’un des poètes et philosophes musulmans les plus influents du 20-è siècle, explique, en se référant encore et toujours à Iqbal, que le soufisme est l’importance du dialogue, l’écoute de l’autre, la recherche d’un terrain d’entente, d’une langue universellement compréhensible.

En pratique, l’association du festival de Fès de la culture soufie, initiatrice de cette manifestation, a concocté une programmation axée sur le spectacle et sur les débats d’idées, pour bien traduire en chant et verbe toutes ces dimensions.

C’est ainsi que des intellectuels, académiciens et autres maitres du soufisme se chargeront d’animer des tables-rondes sur le Samaa soufi, le soufisme et la pensée philosophique, le soufisme et poésie, l’art et spiritualité, le soufisme et patrimoine, le soufisme et pensées contemporaine et sociale, l’héritage spirituel du Maroc ou la singularité et l’universalité de l’expérience spirituelle.

Dans sa programmation dédiée à la musique et au chant, le festival prévoit des concerts de groupes et confréries de Syrie, de Turquie et de Palestine, mais surtout du Maroc, représenté entre autres par le groupe Zaman Al Wasl, les Tariqas Ouazzaniya, Squalliya, Harraquiya et Qadiriya Boutchichia et la confrérie Darqawiyya.

Pour clore le festival, les organisateurs ont décidé de dédier la dernière journée à l’âme d’une figure contemporaine du Soufisme, l’anthropologue et écrivaine Zakia Zouanat, qui vient de rendre l’âme, en laissant pour testament spirituel une œuvre majeure, dont son ouvrage « le Royaume des Saints ».

Le festival de Fès de la culture soufie, dont la première édition avait été tenue en 2007 sous la thématique du soufisme et développement humain, aspire à faire connaître à l’international une image positive de l’Islam, questionner le rôle du soufisme dans le monde d’aujourd’hui et prospecter des arts et des projets culturels et sociaux nouveaux qui Âœuvrent pour le dialogue interculturel et le développement humain et civilisationnel.

source: Menara

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