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Fonction publique : Les retenues sur salaires ne semblent pas dissuader les grévistes
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Fonction publique : Les retenues sur salaires ne semblent pas dissuader les grévistes

Par: le mercredi, février 11, 2009

Le gouvernement et les centrales syndicales continuent leur bras de fer. Chacun campe sur sa position et hausse davantage le ton. Les menaces des retenues sur salaires qui prendront effet ce mois-ci ne semblent pas avoir dissuadé les fonctionnaires du secteur public qui ont observé une autre grève le 10 février.
Hier mardi, les citoyens affichaient clairement leur colère devant la municipalité de Hassan à Rabat. Venus légaliser leur document, ils n’ont trouvé aucun interlocuteur à part un coursier qui leur a demandé de revenir le lendemain. « C’est la grève aujourd’hui, si vous êtes pressé, vous pouvez revenir demain », lance-t-il à quelques protestataires récalcitrants.

Au quartier des ministères, le taux de participation au débrayage diffère d’un département à l’autre. Au siège du ministère de la Santé par exemple, la grève n’est pas à l’ordre du jour. « La plupart des fonctionnaires craignent d’être sanctionnés s’ils participent au débrayage, et par conséquent ils ont choisi cette fois de travailler », nous confie une standardiste. Mais ce n’est pas le cas au ministère de l’Agriculture déserté hier par ses fonctionnaires.
Au ministère de l’Emploi, toutes branches confondues, on avance un taux de participation frôlant les 3%.

En tous cas, quel que soit le taux de participation dans ce débrayage, le département de Mohamed Abbou reste ferme. Selon une source au Ministère de la Modernisation des secteurs publics, les retenues sur salaires seront effectuées à partir du mois prochain malgré les menaces des syndicats. La grève est certes un droit constitutionnel, mais le gouvernement a le droit aussi d’appliquer la loi à l’instar des autres pays comme la France et l’Espagne qui prélèvent les jours non travaillés. « Le gouvernement ne pourra pas tout de même considérer les débrayages comme des jours de vacances et payer les fonctionnaires pour leur militantisme », ajoute la même source. Les fonctionnaires seront désormais mis sur pied d’égalité avec leurs collègues du privé et sanctionnés en cas d’absence (même s’il s’agit de grève).

Une décision qui ne semble pas influencer les syndicats qui campent sur leur position. Pour les centrales, il n’est plus question de mettre fin au mouvement de protestation tant que leur cahier revendicatif n’est pas satisfait.
Il s’agit notamment de l’augmentation des salaires, de l’application des promotions exceptionnelles, de la révision des décrets de la promotion et de la notation et de la suppression des échelons allant de 1 à 4.
Les syndicats qui déplorent l’érosion du pouvoir d’achat des fonctionnaires exigent aussi de revoir la décision consistant à annuler l’indemnité spécifique et d’instituer une indemnité pour les fonctionnaires dans les zones rurales et enclavées.

D’après un responsable à la FDT, l’organisation de la grève constituait le dernier recours après avoir épuisé toutes les options. « Les réunions qui ont eu lieu avec le Premier ministre n’ont débouché sur aucun résultat concret, puisque le gouvernement s’abstient toujours de satisfaire certaines revendications légitimes des salariés », affirme-t-il.
D’après les centrales, le gouvernement risquerait d’enfreindre la loi et d’abuser de son pouvoir s’il procède à des prélèvements sur salaires.
Ainsi, entre intransigeance du gouvernement et rigidité des syndicats, le secteur des collectivités locales qui compte, soulignons-le, quelque 145.000 individus continue de naviguer à tâtons…

A l’instar du débrayage du mardi, les syndicats menacent de durcir le temps et se disent même prêts à un combat de longue haleine. « Devant l’indifférence et le mutisme du gouvernement face aux doléances de la classe laborieuse marocaine et son refus de répondre positivement aux revendications légitimes et prioritaires présentées à la Primature, nous déclarons notre intention de poursuivre notre mouvement de protestation », plaide un membre de l’UMT.

Mais pour le gouvernement, la réussite d’une grève ne reflète pas forcément l’engagement du fonctionnaire à défendre le cahier revendicatif des centrales. La preuve c’est qu’à chaque fois qu’il y a une grève, presque tout le monde débraye abstraction faite de son appartenance syndicale. « On a remarqué que dans certaines collectivités locales, les appels à la grève sont largement suivis quels que soient les syndicats appelant à la grève. Et le taux de participation est presque le même quel que soit le syndicat mécontent », déclare une source proche du dossier. « Le débrayage pour les fonctionnaires, serait donc synonyme de jour de vacance », commente la même source.

Par Yousra Amrani | LE MATIN

www.lematin.ma

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