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Fumer dans les lieux publics:Les non fumeurs doivent mettre la pression
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Fumer dans les lieux publics:Les non fumeurs doivent mettre la pression

Par: le lundi, mars 2, 2009

C’est une histoire étrange, mais qui mérite d’être donnée en exemple : il a refusé d’éteindre sa cigarette lors d’un vol.

C’est une histoire étrange, mais qui mérite d’être donnée en exemple : il a refusé d’éteindre sa cigarette lors d’un vol. Conséquemment, il a été condamné à 30 coups de fouet. Cet incident ne s’est, au grand malheur des non fumeurs, pas passé au Maroc. Ce fumeur entêté est bel et bien un Soudanais qui a osé « griller une blonde » lors d’un vol entre Qurayyat et Jeddah, en Arabie Saoudite. Chez nous, le je-m’en-foutisme semble être le mot d’ordre et le laxisme est toujours de mise. Décidément, la loi 15-91, dite « antitabac », continue de faire parler d’elle, et ce, depuis plus d’une décennie. Les derniers tohus-bohus au sujet de son amendement n’ont pas vraiment réveillé les consciences. Quant aux non fumeurs, eux, ils ne savent plus à quel saint se vouer, car les principes de la loi amendée laissent beaucoup de Marocains sur leur faim. Aujourd’hui, juste après l’adoption de cette loi (à l’unanimité par le parlement), la polémique continue de s’accentuer et de se faire plus dure. Il suffit de faire un tour dans les cafés et lieux publics pour réaliser à quel point le fossé est creusé entre l’adoption d’une telle décision par le corps judiciaire et son application.

Preuve en est que la loi en question ne date pas d’hier, et que ses amendements se suivent et ne se ressemblent pas. En effet, le dernier texte de cette loi stipule clairement qu’il est interdit de « fumer et faire de la publicité et de la propagande en faveur du tabac dans les lieux publics, ainsi que sa vente aux mineurs ». De même, elle prévoit des sanctions et des mesures répressives à l’égard des fumeurs dans les endroits publics. De ce fait, les fumeurs passifs auront le droit de faire appel à la police judiciaire pour établir un procès verbal contre les contrevenants et de demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi. Pour Bouazza Kherrati de l’Association marocaine de protection et d’orientation du consommateur (Ampoc), des messages qui visent à sensibiliser l’ensemble des citoyens vaudraient des centaines de lois réunies : « Les non fumeurs doivent réagir et défendre leur santé par l’exercice de pression sur un fumeur qui se décide à consommer des cigarettes dans un espace public », indique-t-il.

Aussi remarque-t-il que les lois peinent souvent à changer ce que la culture semble avoir inculqué aux citoyens à travers plusieurs générations : « Dans les villes et douars marocains, les enfants sont souvent appelés à acheter des cigarettes pour leurs parents. C’est le premier pas franchi vers l’acceptation de ce poison ». Quant à l’avocat Abdelaziz El Ghali, il atteste que les mentalités n’ont pas toujours la peau dure. Il suffit de connaitre ses droits et de suivre les bonnes tactiques. Car « même sans entrée en vigueur dudit texte de loi, le fumeur passif a entièrement le droit de porter plainte contre son « agresseur » puisque la loi 15-91 existe depuis plus d’une décennie, il suffit de savoir l’appliquer et de prouver l' »incident » ». Par ailleurs, le laxisme ne concerne pas seulement les autorités, mais aussi la majorité des citoyens marocains qui peinent encore à criminaliser les fumeurs dans les endroits publics.

De même, nombreux sont les gérants de restaurants ou de cafés (avec l’affiche défense de fumer) qui prétendent qu’ils ne peuvent pas s’immiscer dans une telle affaire tant que le non fumeur ne se plaint pas de la fumée de son voisin. Aussi, les relations amicales qui règnent dans les lieux de travail semblent être au-delà du caractère « vengeur » de ladite loi. Forcément, cela relèverait de l’incongru, voire du ridicule d’entendre qu’un salarié ait porté plainte contre son collègue qui refuse d’éteindre sa cigarette !
En définitive, il serait plus pertinent d’accompagner une telle loi par davantage de campagnes de sensibilisation tous azimuts. Car le temps est désormais à l’action et à la lutte tangible contre les ravages de la cigarette.

Il est également vital de laisser au placard les discours chargés de langue de bois, car seule la mobilisation de toutes les composantes de la société pourra anéantir ce fléau. A titre d’exemple chez nos voisins à l’Hexagone, la consommation du tabac est devenue un signe flagrant d’ignorance mais aussi une grave atteinte à la santé des non fumeurs.
Par Houda BELABD | LE MATIN

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