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Gaza:Les Palestiniens bloqués sur le chemin du retour
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Gaza:Les Palestiniens bloqués sur le chemin du retour

Par: le lundi, février 16, 2009

Bloquées sur le chemin du retour, des familles crient leur frustration « On veut rentrer chez nous » : dans l’impossibilité de regagner leurs foyers de la bande de Gaza, qu’elles avaient pu fuir durant le conflit avec Israël, des dizaines de familles palestiniennes crient quotidiennement leur frustration aux policiers égyptiens de Rafah.

Bloquées sur le chemin du retour, des familles crient leur frustration « On veut rentrer chez nous » : dans l’impossibilité de regagner leurs foyers de la bande de Gaza, qu’elles avaient pu fuir durant le conflit avec Israël, des dizaines de familles palestiniennes crient quotidiennement leur frustration aux policiers égyptiens de Rafah.
Depuis la nouvelle fermeture, le 5 février, du terminal de Rafah par l’Egypte, ces familles – des binationaux en mesure de quitter Gaza durant la guerre (27 décembre-18 janvier) – tentent en vain, chaque jour, de rentrer chez elles. Sans soutien moral ou financier, femmes, enfants et personnes âgées errent entre la frontière et les petits hôtels situés à plus de 40 kilomètres.

Sous un soleil de plomb, les candidats au retour attendent valises à la main. Abira Habid, 36 ans, replace son voile sur de grosses lunettes de soleil puis raconte avoir quitté Gaza le 8 janvier, grâce à son passeport canadien. « On est à Rafah depuis une semaine et chaque jour on nous fait revenir. On peut aller au Canada, mais notre vie est dans notre pays. De quel droit on nous garde prisonnier en Egypte ? On fera comment quand on n’aura plus un sou ? », explique-t-elle avant de se diriger vers un officier de police. « Monsieur, ma famille et moi attendons depuis des jours. On veut rentrer chez nous », souligne cette mère de trois enfants au policier qui esquisse de la tête sa compréhension, avant d’expliquer son impuissance.

Ali Houssein Diab, 48 ans, explique être « arrivé la nuit du 5 février après avoir entendu que la frontière allait fermer » de nouveau. « J’ai ma femme et mes huit enfants de l’autre côté. Je (…) veux rentrer chez moi. C’est honteux de la part des Egyptiens de nous traiter ainsi », clame-t-il. « On est pris au piège sans aucune aide financière, ni même un bout de pain et, en plus, on est obligé de se payer chaque jour une chambre d’hôtel », s’étonne encore cet homme, qui possède la nationalité américaine. Les familles ont le sentiment d’être otages des négociations sur la trêve, qui piétinent. « On sait que les Egyptiens font pression sur le Hamas pour signer cette trêve (avec Israël). Mais ce n’est pas notre problème, on veut simplement retrouver notre maison et nos familles », indique Ali Houssein Diab. « Dans tous les conflits du monde, les réfugiés peuvent revenir chez eux après la guerre.

Mais nous, non ! », renchérit à côté de lui un père de famille à la barbe grisonnante. « Laissez-nous rentrer chez nous s’il vous plaît », supplie Iman Abou Daka, une institutrice de 52 ans, interpellant un officier dans une voiture de police. Le véhicule s’échappe sans réponse. Des ambulances arrivent au compte-goutte entre les taxis chargés de montagnes d’effets personnels. Après de longues heures d’attente, les blessés de la guerre à Gaza qui ont pu être soignés en Egypte sont enfin autorisés à rentrer chez eux. Les humanitaires, dont l’ONG française Help-Doctors présente dans la bande de Gaza pendant la guerre, essuient eux un refus. Help-Doctors veut ouvrir un dispensaire à Rafah, côté palestinien de la ville. Aussi, la fermeture du terminal n’affecte pas que les hommes : des centaines de tonnes de vivres et de matériel humanitaire sont en souffrance dans la ville voisine d’Al-Arich. Ali Houssein Diab, lui, regarde vers la bande de Gaza : « Vous voyez ces arbres ? Ma maison est juste derrière ».
Par AFP lematin

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