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Intempéries:L’Exécutif temporise avant la reconstruction
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Intempéries:L’Exécutif temporise avant la reconstruction

Par: le samedi, février 14, 2009

Tant bien que mal, le Maroc a toujours essayé de gérer les humeurs du ciel. Devenue structurelle, la sécheresse a introduit dans les mœurs gouvernementales un know-how qui conjurait, autant que faire se peut, les méfaits de la pluviodépendance. Aujourd’hui, l’on assiste à un renversement de situation.

Tant bien que mal, le Maroc a toujours essayé de gérer les humeurs du ciel. Devenue structurelle, la sécheresse a introduit dans les mœurs gouvernementales un know-how qui conjurait, autant que faire se peut, les méfaits de la pluviodépendance. Aujourd’hui, l’on assiste à un renversement de situation.
Un ciel généreux à outrance et des répercussions préoccupantes sur les terres et les populations.

Pas souvent confronté à des pluies diluviennes, le gouvernement a appris à s’y attaquer sur le tas. Et voilà qu’à l’issue du conseil de gouvernement de jeudi dernier, l’Exécutif est sorti avec une feuille de route pour une meilleure intervention dans les zones sinistrées. Bien avant cela, un plan d’alerte précoce et l’intervention des différentes unités ont contribué à limiter les dégâts. Plus de peur que de mal donc. Les populations rencontrées sur place n’avaient au début pas assez confiance en l’efficacité des équipes mobilisées. D’autant plus qu’elles étaient en face de spéculateurs qui tentaient de se substituer à ces dernières pour un quelconque profit.

Aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur, élevant la cadence de ses interventions, a bien su rétablir les liens avec les populations. L’on attend, toutefois, que le débit des eaux dans les oueds de Beht et Sebou se stabilise pour commencer les opérations de remise en état des infrastructures touchées. En effet, tous les barrages du bassin de Sebou ont atteint leur maximum de remplissage et ont enregistré un important débit de déversement. A titre d’illustration, le barrage de Kansera a atteint le 3 février courant un taux de remplissage de 114 % et un débit de déversement dépassant 300 m3/s, soit un niveau jamais atteint depuis sa construction en 1932. Ces importants déversements, combinés aux fortes précipitations des deux dernières semaines, ont conduit au débordement de Sebou et Beht et leurs affluents, occasionnant l’inondation des terres agricoles et des douars se trouvant dans les communes rurales. Au total, ce sont pas moins de 80.000 hectares de terres, sur neuf millions que totalisent le pays, qui se sont trouvés sous l’eau dont le niveau a dépassé 1 mètre par endroit ainsi que l’inondation de 3 400 maisons et 13 écoles, selon un bilan provisoire.

Pour ce qui est des populations, le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, intervenant devant le conseil de gouvernement, a indiqué que les autorités restent vigilantes pour assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens. A pied d’œuvre, les comités locaux comprenant les autorités, les élus et des représentants de la société civile, poursuivront leur action d’assistance aux populations sinistrées. Rappelons à ce sujet que depuis la première mise en garde des services de la météorologie nationale, le 31 janvier dernier, il a été procédé à la mise en branle des comités de veille et de suivi aux niveaux central et local. Ces structures, précise Benmoussa, ont été chargées de la coordination des opérations d’anticipation, de prévention et d’intervention pour protéger les vies et les biens des citoyens.

Ces opérations devaient, également, prendre en ligne de compte les sévisses engendrés pas seulement par les flots mais par la vague de froid ayant frappé plusieurs douars, en particulier dans les provinces d’Azilal, Ifrane et Khenifra. Pour y faire face dans les zones situées à plus de 1.100 mètres d’altitude, des équipes d’intervention et un matériel conséquent ont été mobilisés pour assurer les opérations de déneigement, de désenclavement et de distribution des aides aux populations. Certes, dans toute intervention en pareilles conditions, les critiques fusent sur la réactivité des groupes de sauvetage et la synchronisation des opérations. Mais il faut dire qu’en dépit des conditions climatiques difficiles, des hélicoptères ont été utilisés pour atteindre les zones inaccessibles par la route et faire parvenir près de 10 tonnes de denrées alimentaires en début de semaine.

Ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie du ministère qui concerne actuellement 900 douars, soit près de 400.000 habitants répartis sur 19 provinces qui ont été classées en trois niveaux selon la période d’enclavement en cas de fortes chutes de neige, a ajouté le ministre. Par ailleurs, près de 3 000 éléments des Forces Armées Royales (FAR), de la Gendarmerie Royale, de la police, de la Protection civile et des Forces Auxiliaires, 150 médecins et infirmiers, 50 ambulances, 15 hélicoptères, 60 zodiaques de sauvetage et 300 engins et véhicules ont été mobilisés dans la région du Gharb. Environ 10 000 citoyens dont les maisons ont été totalement ou partiellement détruites ont été hébergés.

De son côté, la Fondation Mohammed V pour la solidarité a organisé une campagne médicale et distribué des denrées alimentaires à 2 500 familles, alors que le ministère de l’Intérieur a consacré, dans le cadre d’une première intervention, plus de 10 000 repas distribués en coordination avec les autorités locales et la société civile. Quant aux actes de vandalisme ayant marqué les opérations de distribution des aides, le ministre a affirmé qu’il s’agit d’actes isolés qui n’entament en rien le sens de citoyenneté et de solidarité dont ont fait preuve les populations de la région du Gharb. Par Mostafa Bentak | LE MATIN

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