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Journée Internationale de la femme: la femme rurale à l’honneur
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Journée Internationale de la femme: la femme rurale à l’honneur

Par: le jeudi, mars 8, 2012
Cette année, la Journée Internationale de la femme est célébrée sous le thème « l’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels». Ce thème est choisi pour mettre en exergue le rôle de la femme dans le développement agricole et rural, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

Femme-CompagneEn 2011, le Maroc comptait 16,4 millions de femmes représentant 50,8% de sa population et dont 41,6% vivaient en milieu rural. Les femmes rurales sont relativement plus jeunes que leurs concitoyennes citadines, 29% sont âgées de moins 15 ans contre 24%. Un peu moins des deux-tiers (62,2%) sont en âge de travailler (15-60 ans) et 8,8% sont âgées de 60 ans ou plus, indique un communiqué du Haut Commissariat au Plan.

Cette structure plus jeune des femmes rurales s’explique, outre l’exode rural, par une fécondité plus élevée qui, bien qu’en baisse, atteint 2,7 enfants par femme contre 1,8 pour les citadines en 2010.
Les femmes rurales se marient en moyenne à 25,6 ans (2009-2010), soit 1,8 an plus tôt que les femmes citadines. Le mariage précoce recule parmi les femmes rurales, 87,9% âgées de 15 à 19 ans étaient célibataires en 2010 contre 84,4% en 1994.

En termes de mortalité, résumée par l’espérance de vie à la naissance, les femmes rurales vivent en moyenne 6,4 années de moins que les citadines (73 ans contre 79,4). Cet écart s’explique en partie, par la surmortalité aux bas âges. En effet, pour les moins d’un an, sur mille fillettes rurales, 32 décèdent avant de célébrer leur premier anniversaire (en milieu urbain ce taux est de 22,7 pour mille). Quant aux filles âgées de 1 à moins de 5 ans, ce taux est de 6,6 pour mille en milieu rural contre 5,1 pour mille en milieu urbain.

Le recours de la femme rurale au système de santé au cours de la grossesse ou lors de l’accouchement tend à se généraliser mais reste encore en dessous des niveaux observés en milieu urbain. En 2010, 68,3% des femmes rurales étaient couvertes par les soins prénatals contre 47,9% au cours de la période 1994-2003. En milieu urbain, ces proportions sont, respectivement, de 94% et 84,9%. A l’accouchement, 56,7% des femmes rurales bénéficient de l’assistance d’un personnel de santé en 2010 contre 39,5% en 1994-2003 (respectivement 93% et 85,3% en milieu urbain).

Ces inégalités en matière d’accès aux soins de santé se traduisent par un taux de mortalité maternelle en 2009-2010, presque deux fois plus élevé dans les campagnes que dans les villes (148 pour 100 mille naissances vivantes contre 73 dans les villes).

En matière d’éducation, la femme rurale accuse un retard important par rapport à sa concitoyenne citadine. 58,2% des filles et des femmes rurales âgées de 10 ans et plus sont sans niveau d’instruction en 2011 (contre 29,8% en milieu urbain) et seules 0,6% ont un niveau supérieur (contre 8,7% dans les villes). Ce faible niveau d’instruction devrait s’améliorer grâce à la généralisation de la scolarisation. Le taux spécifique de scolarisation des filles rurales âgées de 6 à 11 ans était de 91,8% en 2009-2010 contre seulement 62,2% en 1999-2000 (respectivement 95,1% et 87,4% dans les villes).

Concernant sa situation sur le marché du travail, la femme rurale est relativement plus active que son homologue citadine. Le taux d’activité des femmes rurales âgées de 15 ans et plus s’élève à 36,6% en 2011, soit près de deux fois celui des citadines (18,1%). Ce taux reste cependant bien inférieur à celui des hommes ruraux qui atteint 80,5%. Les femmes rurales actives sont dans leur quasi totalité occupées, le chômage ne concerne que 2,1% d’entre elles. Elles travaillent dans la quasi totalité des cas (94%) dans l’agriculture, secteur où elles représentent 41,6% de la main d’œuvre. 3 femmes rurales actives occupées sur 4 sont des aides familiales (travail non rémunéré) contre seulement 4,6% dans les villes où c’est plutôt le travail salarié qui domine (80,5% contre 5,5% des actives occupées rurales). En outre, l’auto emploi concerne 17,6% des femmes rurales actives occupées contre 11,8% des citadines.

En 2011, 16% des ménages ruraux sont dirigés par des femmes (contre 20,8% dans les villes). Parmi ces femmes, près de la moitié (50,5%) sont veuves, 39,7% mariées et 6,3% sont divorcées. Un peu moins des deux-tiers (63,2%) des femmes chefs de ménage en milieu rural sont des inactives et 36,2% sont actives occupées.

En matière de niveau de vie, un ménage rural dirigé par une femme dépense en moyenne 37% moins que celui dirigé par une citadine (8.417 DH annuellement contre 13.317 DH). Cet écart se traduit par des disparités importantes en termes de pauvreté. En 2007, près de 15% des ménages ruraux dirigés par des femmes sont pauvres, soit un taux 3,8 fois plus élevé parmi les ménages citadins dirigés par des femmes (4%). Près d’un ménage rural dirigé par une femme sur quatre est vulnérable, alors que cette proportion est d’un peu plus de 1 sur 10 (13,4%) en milieu urbain.

Source: Menara

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