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La coopération interafricaine, pour se défaire des aides internationales
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La coopération interafricaine, pour se défaire des aides internationales

Par: le lundi, août 17, 2009

La coopération interafricaine, pour se défaire des aides internationalesLe développement de la coopération régionale entre les pays africains permettra de mettre un terme à leur dépendance vis-à-vis des aides internationales et de faire face à la crise économique mondiale, ont souligné plusieurs dirigeants et responsables économiques à l’ouverture d’un symposium à Assilah sur « la globalisation et le développement : l’impact de la crise économique mondiale sur l’aide aux pays africains ».

Cette crise, qui a démontré les limites de l’ultra-libéralisme et influé négativement sur la dynamique de croissance au continent africain, menace la sécurité alimentaire, accentue la hausse du chômage et provoque une forte réduction des exportations des pays africains, a souligné le président togolais, M. Faure Gnassingbe, dans une allocution lue en son nom par M. Koffi Esaw, ministre des Affaires étrangères du Togo.
Le développement de la coopération Sud-Sud constitue le moyen idoine pour faire face à cette crise, a-t-il soutenu lors de cette rencontre initiée dans le cadre du 31ème Moussem culturel international d’Assilah (1er-18 août), appelant à une hausse des subventions en faveur des pays africains, à une suspension temporaire du service de la dette et au renforcement de la coopération triangulaire.
De son cô té, le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Donald Karebuka, a souligné dans un message adressé aux participants à cette rencontre de deux jours, que la crise économique actuelle est une opportunité de repenser les relations de coopération inter-africaines et de chercher les moyens qui permettront au continent africain de se repositionner sur la scène économique mondiale.
La rapidité de réaction des économies africaines face à cette crise à travers la mise en oeuvre de plans de relance sectoriels ainsi que les nombreuses réformes entreprises ces dernières années par les pays africains ont permis toutefois de minimiser l’impact de la crise, a-t-il ajouté.
Pour sa part, le ministre d’Etat, des Affaires étrangères et des Sénégalais à l’étranger, Cheikh Tidiane Gadio, a fustigé le non-respect par les pays riches de leurs engagements à réserver 0,7 pc du PIB à l’aide publique au développement, rappelant que ce pourcentage ne dépasse guerre les 0,3 pc dans le meilleur des cas.
Le commerce interafricain constitue 12 pc du total des échanges commerciaux des pays africains, alors que ce pourcentage grimpe jusqu’à plus de 60 pc en Europe et en Asie, a-t-il ajouté, appelant à la promotion des échanges commerciaux entre les pays africains.
Les pays africains se sont engouffrés pendant plus de 40 ans dans un labyrinthe d’aides internationales et de crédits, a relevé M. Gadio. « Il faut rompre avec cette démarche », a-t-il lancé. « Le développement de l’Afrique se fera par les Africains et en comptant sur les ressources naturelles du continent », a soutenu le responsable sénégalais, rappelant que le tiers des ressources naturelles mondiales se trouve au continent africain.
Pour les pays africains, il est nécessaire de développer la coopération régionale et de donner une forte impulsion à l’unité africaine, a-t-il soutenu, soulignant que cette tâche ne peut se faire en l’absence du Maroc, qui a joué un rôle avant-gardiste dans la promotion de l’union africaine. Le responsable sénégalais a à cet égard salué les multiples initiatives menées par SM le Roi Mohammed VI visant le renforcement de la coopération Sud-Sud.
Le secrétaire général de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), M. Mohamed Al Madani Al Azhari, a affirmé quant à lui que l’Afrique n’a pas tiré profit des avantages de la mondialisation, ajoutant que les pays africains ont été affectés par la crise économique actuelle à cause de la baisse des aides internationales, la contraction des transferts de fonds de la diaspora et l’abaissement du taux de croissance.
Le développement de la coopération Sud-Sud et l’exploitation des ressources des pays africains constituent la solution idéale pour permettre au continent de se défaire des griffes de la dépendance vis-à-vis des aides internationales, a relevé M. Al Azhari.
Pour l’ancien ministre des Finances et de la Privatisation, M. Fathallah Oualalou, la hausse du prix de l’énergie et des matières premières suscitée par la crise économique mondiale aura un impact négatif sur la compétitivité de l’Afrique face aux pays européens et à des pays comme les Etats-Unis et la Chine.
Cette crise, qui se poursuivra au moins jusqu’à l’année prochaine, a affecté les équilibres financiers des pays africains, et aura comme conséquence le triomphe d’un mode de gouvernance économique et politique multipolaire, avec à sa tête les Etats-Unis et la Chine, a-t-il ajouté.
M. Oualalou a dénoncé la faiblesse des aides internationales en faveur des pays africains, rappelant que le FMI a annoncé récemment une hausse de l’aide accordée aux pays pauvres qui pourrait atteindre 17 milliards de dollars d’ici à 2014 au moment où un pays comme l’Ukraine va bénéficier à lui seul d’un crédit de 16,4 milliards de dollars de la part du même Fonds.
L’ancien ministre a mis en exergue la nécessité pour les pays africains de développer la coopération régionale, d’entreprendre des réformes politiques et économiques profondes en vue d’améliorer le système de gouvernance et de mettre en place des groupements régionaux solidaires pour faire face aux effets néfastes de la crise mondiale.
La crise économique mondiale menace la stabilité et la sécurité au continent africain, en particulier dans des régions où s’activent des groupes de trafiquants en tout genre et de terroristes, a relevé le secrétaire général de la Fondation du forum d’Assilah, M. Mohamed Benaïssa, rappelant le rô le du Maroc dans la promotion de la coopération Sud-Sud ainsi que les nombreuses visites entreprises par SM le Roi Mohammed VI aux pays africains lors des dix dernières années en vue de développer la coopération interafricaine dans plusieurs domaines, en particulier l’agriculture, l’eau et l’électricité.

Ce symposium, initié en partenariat avec la BAD, se penche sur les moyens à mettre en oeuvre pour alléger le fardeau de la crise actuelle sur les opportunités économiques dans les pays du sud et sur la mise en place d’une approche unifiée africaine pour revitaliser l’assistance financière régionale et internationale au profit de l’Afrique.

Source : MAP

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