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Le projet Amwaj à l’arrêt, Sama Dubaï en difficulté
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Le projet Amwaj à l’arrêt, Sama Dubaï en difficulté

Par: le mercredi, avril 1, 2009

Fin janvier, Sama Dubaï, en difficultés financières, a demandé aux entreprises prestataires d’arrêter les travaux. Les entreprises chargées de la réalisation, Somagec et Besix, prises à partie par leurs sous-traitants. L’Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg envisage de prendre la relève en matière de gestion, mais quid du financement ?

Fin janvier, Sama Dubaï, en difficultés financières, a demandé aux entreprises prestataires d’arrêter les travaux. Les entreprises chargées de la réalisation, Somagec et Besix, prises à partie par leurs sous-traitants. L’Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg envisage de prendre la relève en matière de gestion, mais quid du financement ?

Coup dur pour le méga projet d’aménagement de la vallée du Bouregreg. Sama Dubaï, principal actionnaire de la joint-venture créée spécialement pour la réalisation du projet Amwaj et surtout gestionnaire du projet, vient d’ordonner à ses sous-traitants d’arrêter les travaux. Des sources concordantes parlent même d’une rupture de contrat de la maîtrise d’ouvrage intervenue le 29 janvier dernier.

« L’ordre est tombé fin janvier dernier. Notre client, Sama Dubaï, nous a effectivement demandé l’arrêt du chantier jusqu’à nouvel ordre », confirme-t-on auprès de la direction de la Société marocaine de génie civil (Somagec). Celle-ci réalise le marché d’Amwaj avec un partenaire international : Besix, une société belge spécialisée dans les ouvrages maritimes complexes et les grands bâtiments et infrastructures.

Les deux partenaires, qui interviennent également dans le projet de Tanger-Med, ne veulent pas pour autant parler de rupture de contrat et prérent s’en tenir à une suspension du chantier.

« Le chantier d’Amwaj a été suspendu en raison de la crise économique et immobilière que connaît le monde actuellement. Notre donneur d’ordre Sama Dubaï nous a signifié l’arrêt temporaire des travaux sans parler de rupture de contrat », explique pour sa part Bart Wuyts, responsable communication chez Besix Belgique. Du côté de Sama Dubaï, c’est silence radio depuis quelques jours.

Le représentant de la société au Maroc ne répond pas au téléphone et le directeur général Maroc du groupe, Khaled Sidki, qui se trouve actuellement à Dubaï, reste injoignable. Qu’en est-il alors du côté marocain ? Contacté par La Vie éco, Lamghari Essakl, directeur général de l’Agence d’Aménagement de la vallée du Bouregreg (AAVB) qui chapeaute tous les projets de la vallée, confirme lui aussi l’arrêt du chantier Amwaj tout en réfutant la thèse de rupture du contrat. « Notre partenaire Sama Dubaï qui a été affecté par la crise économique mondiale a entamé une restructuration qui nécessite le gel momentané des projets dans lesquels il est impliqué », explique M.Essakl. Selon lui, cette situation a poussé le management de l’AAVB à réfléchir d’ores et déjà aux solutions de rechange possibles au cas où Sama Dubaï ne pourrait plus assurer la conduite du projet Amwaj. « L’une des pistes que nous envisageons pour le moment est la récupération de la gestion du projet Amwaj au niveau de l’agence », assure M.Essakl. Signalons que si les Emiratis constituent le principal opérateur d’Amwaj, ils ne sont pas seuls sur ce projet. En effet, Sama Dubaï ne détient que 50% de la joint-venture créée pour la conception et la réalisation de ce projet. Les autres actionnaires sont l’AAVB (20%), le groupe CDG (20%) et la Caisse marocaine des retraites (10%).

Effet boule de neige sur les sous-traitants et les fournisseurs
Pourquoi cette répartition asymétrique ? Il faut savoir que lors de la signature du pacte d’actionnaires, qui a eu lieu le 29 mars 2006, devant le Souverain, les partenaires avaient alors décidé que le capital social de la société allait correspondre à 30% du total des investissements envisagés et serait libéré en trois étapes. En revanche, et compte tenu de l’expertise reconnue à Sama Dubaï dans le développement de grands programmes immobiliers et touristiques intégrés, il a été décidé de confier la gestion opérationnelle (management) du projet Amwaj au partenaire émirati, sous contrôle du Conseil d’administration, composé de six membres dont trois choisis par Sama Dubaï et trois par le groupement CDG – Agence du Bouregreg, la présidence du conseil ayant été confiée à Sama Dubaï. Et c’est à ce niveau justement que l’AAVB compte intervenir pour éviter le pire. « Pour l’instant, l’opérateur émirati a seulement réclamé un arrêt du chantier. Aucun retrait n’a été évoqué. Par conséquent, la reprise de la gestion du projet par l’agence n’exclura pas Sama Dubaï qui restera actionnaire à hauteur de 50% dans Amwaj sans pour autant en assurer la gestion », ajoute le DG de l’agence. Si elle est décidée, la solution qui est actuellement étudiée au sein de l’agence ne posera manifestement pas de problèmes de répartition des tâches puisque les partenaires avaient, au moment de la signature de la joint-venture, décidé également la mise en place d’un comité de pilotage. « Les différents partenaires avaient déjà préconisé l’adoption d’une organisation basée sur une approche concertée. Cette démarche a d’ailleurs abouti à la création d’un comité de pilotage et à la tenue de plusieurs ateliers techniques pour la mesure des impacts et implications opérationnels du projet et le cadrage de ses répercussions », apprend-t-on auprès de l’AAVB.

Sama Dubaï a-t-il les moyens d’apporter les 1,5 milliard de dollars promis ?
Sauf que…si techniquement la relève ne devait pas être compliquée, de sérieux doutes planent sur la capacité de Sama Dubaï, même à titre de partenaire financier, d’honorer ses engagements. Sur les 3 milliards de dollars (24 milliards de DH) que devrait coûter le projet Amwaj, il doit en fournir la moitié, soit 12 milliards de DH, dans un délai de 4 ans (d’ici fin 2012). Il est difficile de croire qu’avec la crise sévissant à Dubaï, il puisse mobiliser autant de fonds sur un seul projet… qui plus est au Maroc. En attendant, l’arrêt, même temporaire des travaux, n’est pas resté sans conséquence et les répercussions de cette suspension commencent à se faire sentir, surtout au niveau des deux sociétés qui assurent la réalisation des ouvrages. « La suspension du chantier nous a posé quelques problèmes avec nos sous-traitants et nos fournisseurs », assure-t-on auprès de Somagec. La direction de cette société balaie d’un revers de la main les rumeurs qui courent sur des actions en justice engagées par les sous-traitants et les fournisseurs contre la société. « Tout arrêt non conventionnel d’un projet immobilier entraîne des conséquences plus ou moins négatives sur les sous-contractants et les fournisseurs. Et c’est justement ces problèmes que nous essayons de régler amicalement et de façon intelligente », confie-t-on auprès de Somagec. Autant dire que même si l’AAVB pense actuellement à une solution qui mettrait fin aux doutes planant sur l’engagement de Sama Dubaï, le retard pris dans la réalisation du projet et la suspension de ce dernier par le principal investisseur risquent d’avoir des conséquences fâcheuses sur sa suite. Rappelons que le projet Amwaj consiste en un ensemble immobilier et touristique dont une cité lacustre avec un cachet architectural de type méditerranéen, au beau milieu de paysages verdoyants. Le projet couvre près de 200 hectares offrant une diversité en ensembles résidentiels, bureaux, hôtels de luxe et zones commerciales. Le site doit être doté, en outre, d’un palais des congrès, et d’une multitude d’espaces dédiés au divertissement et aux loisirs.

Faillite :460 milliards d’euros d’investissements gelés aux Emirats
Quels sont les deux points forts de l’Emirat de Dubaï ? L’immobilier et la finance. Les deux secteurs qui sont à l’origine de la crise économique mondiale n’ont manifestement pas épargné l’émirat qui a multiplié les sorties médiatiques relatives à un réexamen de ses nombreux projets immobiliers. Selon les dernières informations financières relatives à cet Etat, 460 milliards d’euros d’investissements auraient été gelés aux Émirats arabes unis même en raison de la crise. Ce chiffre correspond à 45 % de l’ensemble des projets de construction des EAU. De plus, la dette de l’Emirat de Dubaï est estimée à 55 milliards d’euros. Mais cette dette reste faible comparée aux réserves pétrolières d’Abou Dhabi. Selon les analystes internationaux, cet émirat voisin, qui détient la quasi-totalité des réserves pétrolières des Emirats Arabes Unis, soutient Dubaï et ses projets pharaoniques. Car même à moins de 50 dollars le baril, le pétrole reste une manne considérable pour le pays. En octobre, le gouvernement des EAU a mis à la disposition des banques locales 25 milliards d’euros pour accroître les liquidités. Il s’est également engagé à garantir les dépôts. Ces derniers mois, deux sociétés de prêts hypothécaires de Dubaï ont dû être sauvées de la faillite.

Focus :Le chantier n’en était encore qu’à ses débuts
« Amwaj » est le nom donné à la deuxième séquence du grand projet de réaménagement de la vallée du Bouregreg. Il devrait être réalisé sur la rive gauche du fleuve située juste derrière la grande surface Marjane. La réalisation de cette phase a été confiée à un groupement composé de Somagec (Société maghrébine de génie civil) et de Besix. Les deux entreprises devaient consolider le sol dans cette zone marécageuse sur une superficie qui avoisine les 180 000 m2. « Mais le chantier s’est arrêté au début des travaux. Nous en étions encore aux études et à la réalisation des gros œuvres. Ceux-ci concernent notamment la pose des voiles en béton pour la construction de deux immeubles témoins ainsi que l’aménagement d’un grand remblai le long de l’oued pour protéger le chantier », confie-t-on auprès de la Somagec. La société n’en est pas à sa première collaboration dans la vallée du Bouregreg puisqu’elle a déjà réalisé des travaux lors de la première séquence du projet : Bab Al Bahr. « Cette première phase n’est pas affectée par ce qui se passe dans la deuxième séquence. Pour preuve, les travaux de Bab Al Bahr avancent bien et la commercialisation des logements est déjà lancée », assure-t-on auprès de l’Agence d’aménagement de la vallée de Bouregreg (AAVB).

lavieeco

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