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Les graffitis au Brésil, un moyen d’expression des jeunes et un cauchemar pour les propriétaires
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Les graffitis au Brésil, un moyen d’expression des jeunes et un cauchemar pour les propriétaires

Par: le lundi, juillet 7, 2014

Sao Paulo – Les graffitis, ces peintures réalisées sur les murs des édifices, constituent au Brésil un moyen d’expression des jeunes mais un cauchemar pour les propriétaires de ces bâtiments qui y voient un semblant d’art éphémère, voire une sorte de vandalisme.

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Les graffitis, généralement employés pour exprimer un message politique, faire valoir certaines revendications ou manifester une colère contre les inégalités sociales, évoluent rapidement dans ce pays d’Amérique latine.

Ils sont nombreux à couvrir les murs de ce pays et constituent un aspect culturel faisant partie du street art brésilien (l’art urbain), qui est un mouvement artistique contemporain regroupant toutes les formes d’art réalisées dans la rue ou dans des endroits publics.

Le street art au Brésil est reconnu mondialement pour sa grande créativité et son originalité, selon un graffeur brésilien, Paul Ito, qui précise que plusieurs graffeurs commencent à se soucier davantage du message qu’ils veulent faire passer, à travers leurs dessins, que du côté purement esthétique de leurs œuvres.

Certains de ces travaux qui se basent, dit-il, sur des choses ordinaires de la vie et du comportement humain, visent à faire passer un message critique inspiré de la situation vécue au Brésil et des nombreux problèmes qui y existent.

Ce graffeur, qui se veut un « peintre de rue menant une guérilla poétique », s’est adjugé une renommé mondiale, notamment à travers un graffiti représentant un jeune garçon brésilien affamé, en pleurs, fourchette et couteau à la main, devant un gros ballon de football posé dans une assiette vide.

Le graffiti, peint sur le mur d’une école d’un quartier à Sao Paulo, fait allusion à la nécessité d’accorder la priorité beaucoup plus à l’avenir des enfants, à leur éducation et à leur scolarisation qu’au foot.

Cette œuvre, partagée des milliers de fois par des internautes sur les réseaux sociaux, a été reprise par de grands médias internationaux, devenant ainsi un symbole de la colère des Brésiliens contre le Mondial 2014.

Par ailleurs, au Brésil, nombreux sont les citoyens qui étaient peu enthousiastes de l’accueil par leur pays de la Coupe du monde de football.

En effet, la protestation contre le budget alloué à cet évènement planétaire s’est exprimée avec vigueur dans la rue ces derniers mois au Brésil, à travers des manifestations sociales qui dénonçaient les dépenses colossales engagées pour l’organisation de cette compétition estimées à plus de 12 milliards de dollars, dans un pays qui peine à assurer des services publics de qualité, en termes de transport, de logement, de santé et d’éducation.

Cette grogne sociale a donné naissance à des graffitis anti-Mondial illustrant la situation sociale dans le pays et portant sur la dégradation des services de base, la pauvreté qui y règne, le manque de logement et des moyens de transport public.

Un mouvement est né de ce fait, baptisé les « Black blocs » (blocs noirs), des groupes de jeunes anarchistes vêtus de noir et encagoulés qui recouraient également aux Graffitis. ce mouvement s’est fixé comme objectif de s’en prendre au Mondial en rejoignant des milliers de Brésiliens partageant le même le slogan: « Nao vai ter Copa » (La Coupe n’aura pas lieu).

Ces graffitis étaient hostiles aux politiques brésiliens, mais surtout à la FIFA à laquelle les graffeurs ont déclaré une guerre sans merci sur les murs, à travers des dessins représentant des enfants chétifs et malades et portant des inscriptions telles « on a besoin de nourriture pas de foot », ou encore « on a besoin d’hôpitaux et d’écoles pas de foot ».

Certains artistes de rue ont trouvé le moyen pour se faire entendre et protester contre cet évènement. Dans plusieurs villes brésiliennes, notamment à Sao Paulo et à Rio de Janeiro, les graffeurs ont décoré les murs de leurs quartiers avec un tas de graffitis dans ce sens.

Les graffeurs, à travers leurs dessins à l’adresse de la FIFA, accusent cette instance internationale d’exploiter financièrement leur pays tout en reprochant au gouvernement de chercher à la satisfaire au détriment des intérêts socio-économiques de la population, des images montrant des personnes jetant l’argent par la fenêtre, entre autres.

Ces Brésiliens veulent exprimer leur colère de manière artistique et colorée, par le biais des graffitis qui en disent long sur leur degré de mécontentement et sur la crise sociale qui prévaut dans la sixième puissance économique mondiale.

Ils ont fait, ainsi, des murs des villes leur espace de prédilection pour s’associer à la grogne anti-football et dénoncer les dépenses exorbitantes liées à cet événement sportif.

D’autres types de graffitis figurent également sur les murs des grandes villes pour illustrer une colère populaire de plus en plus grandissante.

A Sao Paulo, des graffeurs ont investi les murs des favelas (bidonvilles) pour en faire des galeries d’art à ciel ouvert, dans l’objectif de dénoncer les disparités sociales, à travers des œuvres chargées de symboles et de significations.

Cette peinture murale moderne se veut une expression artistique de dénonciation des problèmes de société, à travers des toiles inspirées de la réalité du pays et du vécu quotidien des citoyens, mais que certains voient d’un mauvais œil, en particulier les propriétaires des édifices qui sont contraints à chaque fois de débourser de l’argent pour repeindre leurs façades.

Source:Lemag

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