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Les ressources naturelles se détériorent de plus en plus
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Les ressources naturelles se détériorent de plus en plus

Par: le jeudi, avril 17, 2008

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs”, a indiqué Jacques Chirac, lors du sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002.

L’ancien président français a lancé cette alerte pour dénoncer la responsabilité de l’homme dans la surexploitation de la planète. Si depuis ce rendez-vous d’Afrique du Sud, une prise de conscience s’est déclenchée à travers le monde, chez nous on reste dans le stade de la réflexion. Plus, au moment même où les climatologues annoncent qu’une pénurie d’eau nous menace à l’horizon 2050, que notre forêt fait l’objet d’un abattage illégal par la mafia du bois, que la biodiversité du pays ne cesse de se dégrader, la réactivité agissante tarde à voir le jour.
Pourquoi donc notre pays, pionnier en matière d’environnement puisqu’il organisé en 1989 le premier colloque africain ce thème à Rabat, connaît un grand retard dans ce domaine ? “Lors de ce premier colloque africain, il y a eu l’adoption de la Charte de Chellah. Malheureusement, la société civile ne s’est pas approprié l’esprit de ce texte fondamental.

Actuellement, la dégradation de notre environnement ne cesse de se détériorer et l’Etat n’arrive pas à prendre des initiatives courageuses pour lutter contre cette situation”, a expliqué Abdelkrim Bennani, président de l’Association Ribat Al Fath pour le développement durable, lors du débat « Gouvernance et droit de l’environnement », organisé avec l’Association marocaine des experts en gestion des déchets et en environnement.

Ce dur constat nous pousse à poser cette question. Le Maroc est-il ou pas doté d’une politique d’environnement ? Une stratégie nationale en ce domaine existe, mais le véritable défi demeure sa mise en œuvre. Plusieurs lois (air, déchets, eau, études d’impact, etc.) n’ont pas d’effet sur le terrain parce que leurs décrets d’application ne sont toujours pas publiés. Comment expliquer ce retard ? L’absence de gouvernance durant l’élaboration de ces textes est à l’origine de ce dysfonctionnement. “Démocratie, participation et décentralisation sont au cœur de la gouvernance. Ces critères n’ont pas été bien pris en compte lors de l’élaboration des lois d’où la difficulté de les appliquer”, répond Farid Al Bacha, professeur de droit. Les mêmes obstacles surgissent quand il s’agit de transposer dans notre droit interne, les dispositions des traités et des conventions internationaux ratifiés par le Maroc.

Le comble, notre pays a même signé, en décembre 2007, le protocole méditerranéen sur la gestion intégrée des zones côtières, alors qu’il n’a pas encore élaboré une loi sur le littoral. Toujours au niveau des difficultés de l’application de la réglementation, on apprend par ailleurs que presque tous les procès-verbaux dressés par la police de l’eau sont rejetés par les juges pour cause de vices de forme en raison de non formation des ces agents, tandis que des magistrats sont perdus dans un maquis de textes anciens.

Quant aux partis politiques, la défense de l’environnement semble être la cinquième roue du carrosse. Les médias et surtout l’audiovisuel sont également pointés du doigt. Mais aujourd’hui, grâce à la mise en place du Médiateur, auditeurs et téléspectateurs, peuvent interpeller les responsables de la radio et de la télévision sur le déficit de leur politique en matière de sensibilisation du public sur ces sujets.
Reste que le tableau n’est pas aussi sombre comme certains veulent le présenter. Des progrès ont été réalisés au niveau du ramassage des ordures ménagères. “Nos déchets domestiques sont à 70% collectés par des entreprises privées”, reconnaît Hassan Chouaouta, spécialiste de l’environnement. Pour ce qui est de l’économie d’énergie, on apprend qu’une loi sur l’efficacité énergétique est en cours de préparation. Un texte qui serait accompagné par la création d’une structure sous forme d’une Agence de l’environnement comme cela est de cours ailleurs.

C’est dans ce contexte que la société civile est appelée à lancer un débat national sur l’environnement. Ce sera l’occasion d’interpeller les pouvoirs publics sur les quelque 130.000 nouveaux logements construits chaque année sans être équipés de systèmes d’efficacité énergétique ou de gestion séparée des eaux domestiques. Les responsables peuvent nous dire quels seront les moyens mis en place pour lutter contre les déchets de l’olivier (margines) que certains experts considèrent comme la prochaine catastrophe si rien n’est pour traiter ces matières pollueuses.
Ce débat devrait aboutir à l’organisation des assises nationales de l’environnement à l’instar de celles du tourisme ou celles qui seront prochainement consacrées à l’agriculture.

Par Rachid Tarik | LE MATIN

www.lematin.ma

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