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Loi de Finances 2013 : vive polémique dans les arcanes du Parlement
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Loi de Finances 2013 : vive polémique dans les arcanes du Parlement

Par: le jeudi, novembre 15, 2012

parlement_marocLe débat sur le projet de loi de finances (PLF) 2013 a suscité une vive polémique dans les arcanes du Parlement.

Les partis de l’opposition se sont déclarés déconcertés de voir les députés de la majorité critiquer de manière virulente un projet qu’ils devaient normalement défendre, tandis que la majorité a estimé que son soutien au gouvernement ne signifie guère qu’elle renonce à son devoir de contrôle, de veille et de redressement des anomalies.

Pour sa part, le gouvernement s’est étonné lui-même des interventions très critiques de certains parlementaires de la majorité, soulignant la nécessité pour toutes ses composantes d’assumer leur responsabilité dans le débat sur le présent projet, tant il est porteur de mesures qualitatives et nouvelles sur la solidarité, le soutien aux secteurs sociaux et la compétitivité des entreprises.

En réponse aux critiques de l’opposition, le président du groupe de la Justice et du développement à la Chambre des représentants, Abdellah Bouanou, a soutenu que « la majorité est homogène et solide », soulignant que « la divergence des points de vue sur les modifications à apporter au PLF 2013 et aux autres lois est tout à fait normale ».

Dans une déclaration à la MAP, M. Bouanou a indiqué que « les représentants de la majorité ont tout à fait le droit d’émettre des critiques et de jouer leur rôle dans la détection des anomalies, tout en gardant leur indépendance dans l’exercice des missions législative et de contrôle qui leur incombent ».

De son côté, Fatiha Bakkali du groupe istiqlalien de l’Unité et de l’égalitarisme à la Chambre des représentants, a considéré que la majorité doit contrôler le gouvernement et critiquer les dysfonctionnements et les lacunes constatés dans le PLF.

Mme Bakkali a ajouté que le débat houleux sur le présent projet de loi a le mérite de relever ses points de force et de faiblesse, soulignant que les interventions ont porté tant sur les volets politique que technique.

Certes, le projet de loi a accordé un intérêt particulier aux secteurs sociaux et aux grands chantiers d’infrastructures, mais on lui reproche le manque de vigueur à propos des mesures proposées pour lutter contre la hausse de l’endettement public, du déficit et des dépenses de certains établissements publics. Le groupe istiqlalien s’est dit, par ailleurs, « fort étonné » de l’attitude du gouvernement, telle qu’exprimée à l’issue de son dernier conseil, et qui dénote son mécontentement vis-à-vis des critiques formulées par de certains députés de la majorité.

Dans un communiqué publié lundi, le groupe istiqlalien considère que l’attitude du gouvernement constitue un « empiètement sur les prérogatives du parlement, à qui est dévolue la mission de contrôle de l’action gouvernementale, et non le contraire ».

Le groupe est allé jusqu’à exiger du gouvernement de présenter des excuses à la suite de la publication dudit communiqué.

Anass Doukkali, membre du groupe du Progrès démocratique à la Chambre des représentants estime, lui, que « si, de premier abord, la situation semble paradoxale puisque la majorité adopte une attitude d’opposition, il n’en demeure pas moins que cette position est tout à fait naturelle et normale puisqu’il s’agit du premier projet de loi présenté par ce gouvernement et qui cristallise, de ce fait, beaucoup d’attentes des citoyens ».

Si les partis de la majorité estiment que leur position critique vis-à-vis du PLF est légitime et naturelle, dans le cadre des changements qu’a connus la scène politique nationale, l’opposition ne partage nullement cet avis, jugeant qu’il s’agit d’un indicateur du manque d’homogénéité entre les composantes de la majorité.

Ainsi, le président du groupe Authenticité et modernité, Abdellatif Ouahbi, a déploré l’émergence des pratiques politiques inédites, qui donnent à voir une majorité adoptant un discours d’opposition.

On est en face d’une « majorité, ayant en charge la gestion des affaires de l’Etat, qui critique l’action gouvernementale », ce qui est une entorse à l’article 10 de la Constitution portant sur la majorité et l’opposition, a-t-il dit, soulignant l’importance d’une étude psychologique et sociologique d’une telle situation politique.

Ces développements ont incité le président du groupe du Rassemblement national des indépendants, Talbi Alami, à dégager le constat que tant les groupes de la majorité que de l’opposition, s’accordaient à dire que ce PLF n’est pas à la hauteur des défis actuels.

« Tous les groupes parlementaires sont appelés à présenter des amendements en phase avec leurs choix, et non à adopter un discours de critique ou de défense en contradiction avec les modifications proposées », a ajouté M. Alami, dans une déclaration à la MAP, affirmant que c’est une condition sine qua non de la démocratie financière.

Le député du groupe socialiste, Mehdi Mezouari, a quant à lui mis en exergue la « gravité » de la position hostile adoptée par les groupes de la majorité envers les orientations générales du PLF, jugeant toutefois que le vrai test sera celui du vote sur les amendements proposés.

Source: Menara

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