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Maghreb : l’impact de la crise sur le tourisme varie selon les pays
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Maghreb : l’impact de la crise sur le tourisme varie selon les pays

Par: le vendredi, janvier 30, 2009

Les trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) réfléchissent à des mesures pour atténuer l’impact de la crise sur leur tourisme mais si tous sont touchés, certains sont plus vulnérables que d’autres, observent les spécialistes du secteur.
Les trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) réfléchissent à des mesures pour atténuer l’impact de la crise sur leur tourisme mais si tous sont touchés, certains sont plus vulnérables que d’autres, observent les spécialistes du secteur. La Tunisie semble la plus touchée. Destination balnéaire réputée bon marché, le pays est exposé aux retombées sociales de la crise sur la classe moyenne européenne, celle-ci formant le gros des 7 millions de touristes reçus en 2008.
Le tourisme est le deuxième employeur du pays et a rapporté 1,7 milliard d’euros en 2008 (6% du PIB). Il n’a pas souffert en 2008, mais un recul des réservations est attendu dès le premier trimestre 2009.
Incertitude, plan de crise et cellule de veille au ministère du Tourisme et chez les hôteliers qui « gèrent au jour le jour en regardant de près ce qui se passe en Europe », résume un expert indépendant.
Habib, ciseleur de père en fils, est au désespoir : « depuis septembre, aucun touriste ne s’est arrêté devant mon étal pour se faire graver un nom ou une inscription sur mes petits plateaux de cuivre », bradés à 10 dinars (5,5 euros) les trois.
Pour quelque 239.000 lits, le secteur hôtelier représente 100.000 emplois directs (10% de la main d’oeuvre) et 350.000 emplois indirects.
L’hiver, la plupart de 870 unités hôtelières réduisent ou recyclent le personnel et les saisonniers, au statut précaire, ne seront réembauchés qu’à partir de juin. Le chômage technique est estimé à 70% du personnel recevant entre 80 et 50% des salaires, selon Abbas Rhimi, responsable de la Fédération syndicale.
L’Algérie, quant à elle, accueille peu de touristes et a donc peu souffert de la crise. Celle-ci n’a d’ailleurs eu « aucun impact », selon le ministère du Tourisme. On estime à 1,74 million le nombre de touristes l’ayant visité en 2007 (derniers chiffres connus) : environ 510.000 étrangers -dont 170.000 Français- et 1,23 million d’Algériens résidant à l’extérieur du pays.
L’Algérie vise le chiffre de 2,5 millions de touristes en 2011 en développant le tourisme saharien, déclaré prioritaire.
Si, dans ce secteur, une baisse d’affluence d’environ 10% a été constatée en janvier 2009 par rapport à 2008 dans la région de Tamanrasset ou Djanet (extrême sud), deux hauts lieux du tourisme saharien en Algérie, les profesionnels ne la lient pas forcément à la crise.
« Ce n’est pas significatif, car ce tourisme est à géométrie variable, affirme un tour opérateur spécialisé dans la région. Mes clients, ajoute-t-il, « viennent d’une catégorie sociale aisée (…), d’amoureux du désert qui sont prêts à des sacrifices ».
Principale destination touristique de la région grâce notamment à des infrastructures sophistiquées et à une offre diversifiée, le Maroc a mis en place une stratégie, CAP-2009, pour atténuer l’impact de la crise sur ce secteur, premier pourvoyeur de devises.
Selon des chiffres officiels, le Maroc a accueilli 8 millions de touristes en 2008 — une croissance de 7% par rapport à 2007 —, pour des recettes de 58 milliards de dirhams (5,2 milliards d’euros).
Ces recettes ont baissé de 1% par rapport à 2007 en raison principalement des fluctuations des taux de change à l’étranger, selon le ministre du Tourisme Mohamed Boussaid. « CAP-2009 vise aussi à consolider nos parts de marché au niveau des marchés émetteurs, notamment l’Europe, et à promouvoir ceux en provenance du Golfe et de Russie », a ajouté le ministre.
« Il ne faut pas être alarmiste, la santé du tourisme au Maroc est très bonne », a-t-il récemment déclaré, réaffirmant l’objectif des 10 millions de touristes en 2010. A Marrakech, destination phare, les responsables du tourisme se refusent encore à parler de crise mais, en privé, les hôteliers s’inquiètent et certains ont même commencé à baisser leurs prix, affirme un observateur indépendant.
En 2009, le Maroc se dotera en tous cas d’une capacité supplémentaire de 20.000 lits, pour atteindre une offre totale de 160.000 lits.
AFP wana

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