Maroc: la police disperse des manifestations à Rabat et Casablanca
Par: redactrice le Mardi, mai 24, 2011
Rabat - La police marocaine a dispersé dimanche plusieurs centaines de jeunes du Mouvement du 20 février qui demandent d’importantes réformes politiques au Maroc, moins d’un mois avant la remise au roi Mohammed VI de propositions pour une prochaine réforme constitutionnelle.
A Casablanca et Rabat, mais aussi dans d’autres villes comme Tanger (nord) et Agadir (sud), plusieurs jeunes manifestants parmi lesquels des islamistes ont été dispersés par la police qui a fait usage de matraques. Selon des témoins, il n’y a pas eu de blessés.
« Nous étions plus d’un millier de jeunes au quartier populaire de Sbata (ndlr, à Casablanca). Subitement, les forces de l’ordre ont surgi et nous ont dispersés par la force» , a déclaré à l’AFP Ahmed Mediany, l’un des membres de la section de Casablanca du Mouvement.
« Une course poursuite a ensuite commencé dans les rues du quartier entre la police et plusieurs jeunes manifestants« , a-t-il ajouté.
Le Mouvement du 20 février a appelé dimanche pour la 4e fois à des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Maroc, pour demander des réformes politiques, notamment une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI.
A Rabat, plusieurs dizaines de jeunes du même mouvement se sont rassemblés au quartier populaire Lâakkari, avant d’être dispersés par la police marocaine.
« Nous nous sommes dispersés en trois groupes. La police nous a poursuivis dans les ruelles de la médina de Rabat. Au moins trois personnes ont été matraquées par la police» , selon Najib Chawki, l’un des membres de la section de Rabat du Mouvement du 20 février.
A Tanger et Agadir, des dizaines de jeunes qui revendiquent des réformes politiques ont été également dispersés par la force.
Selon des témoins, « il n’y a pas eu de blessés» mais les forces de l’ordre empêchaient tout rassemblement d’avoir lieu et poursuivaient les jeunes dans les ruelles pour les disperser» .
A Tanger, les affrontements entre les forces de l’ordre se sont prolongés tard dans la nuit.
« De violents accrochages entre les manifestants et la police ont eu lieu au quartier populaire Beni Makada. Il y a des dizaines de blessés parmi les jeunes du Mouvement, dont 12 grièvement» , a indiqué un résident Khalid Gueddar, joint par téléphone à Tanger.
« Il y a également au moins quatre blessés parmi les forces de l’ordre, ce qui témoigne de la violence des affrontements» , a-t-il précisé.
Ces manifestations interviennent à moins d’un mois de la date à laquelle une commission remettra au roi les propositions d’une prochaine réforme constitutionnelle, dont le contenu sera soumis à l’approbation populaire par référendum.
Selon un membre de la commission consultative pour la réforme constitutionnelle, nommée par Mohammed VI en mars et présidée par le juriste Abdeltif Menouni, un document contenant des propositions pour une révision de l’actuelle Constitution est quasiment fini. Il sera soumis au roi début juin.
« En juillet, il y aura un référendum pour adopter la future Constitution et des élections anticipées auront lieu en octobre» , a indiqué ce membre qui a requis l’anonymat.
Le roi Mohammed VI a annoncé le 9 mars, dans un discours à la nation d’importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre.
Source: emarrakech



ilham labsir









24 mai 2011
Un point de vue sur les dernières manifestations au Maroc
En l’espace de huit jours (15 et 22 mai), le mouvement du 20 février a fait parler de lui au Maroc.
Le 15 mai, il organise une manifestation et un pique nique près d’un siège hautement sensible et classé défense nationale, à savoir le siège de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire.
Bien évidemment cette manifestation, interdite par les autorités, a été dispersée fermement par les forces de sécurité.
Est-il concevable que des manifestations soient organisées près du siège de la DGSE, de la DCRI ou d’une zone classée défense nationale en France, aux Etats Unis, au Canada, en Grande Bretagne, en Allemagne ou ailleurs ? La réponse est non. Et je puis les assurer que les protestataires auraient accueillis de façon identique et présentés devant les tribunaux.
S’agissant, du 22 mai, les manifestations observées au Maroc relèvent de la pure provocation et de tentatives d’entraîner le pays dans une spirale de contestations heurtées et violentes.
En effet, le Mouvement du 20 février ne demande pas des réformes politiques au Maroc. En refusant de s’associer au processus engagé, il s’est mis hors course et a dévoilé sa véritable intention, à savoir mettre le pays à feu et à sang et ce, conformément à un plan de déstabilisation concocté par les ennemis du Maroc.
Ce mouvement, et c’est de notoriété publique, a été phagocyté par les islamistes extrémistes, les extrémistes de gauche et les anarchistes dans le but inavoué d’instaurer un régime à l’iranienne ou à la Castro, avec, bien entendu, un soutien bienveillante de puissances étrangères connues.
Il suffit de faire une revue de la presse de ces pays hostiles au Maroc sur les deux derniers jours, suivez mon regard, ils ne sont pas loin, pour comprendre pour qui ce mouvement roule.
Enfin, et je conclus, si les forces de sécurité sont intervenues très fermement disperser les manifestants, la raison est très élémentaire. Les éléments des forces d’ordre ont pour rôle premier celui d’assurer l’ordre public, la sécurité des biens publics et privés ainsi que la sécurité des personnes. Ces conditions n’étant pas réunies et assurées du fait de la présence de voyous, casseurs et délinquants en grands nombre, les autorités compétentes ont pris les mesures qui s’imposaient.
Je rappellerais pour ceux qui ont la mémoire courte, que les forces de sécurité françaises étaient intervenues très fermement à Lyon et dans d’autres villes lors des dernières manifestations lycéennes et étudiantes. Que les forces de sécurité grecques, espagnoles, italiennes et autres également il y a peu de temps.
Le processus engagé au Maroc pour asseoir un nouveau contrat social suit son chemin et aboutira pour le bien du peuple marocain, et les ennemis de la démocratie, des libertés, du droit à la différence, de la diversité culturelle et de la tolérance ne pourront s’y opposer.
En vous demandant de bien vouloir publier et diffuser ce papier. Une réponse à cette demande serait appréciée. Merci.
Farid Mnebhi