Pandémies: réseaux sociaux pour sonner l’alarme
Par: admin le Mercredi, décembre 15, 2010
Les millions de messages personnels qui transitent par les réseaux sociaux peuvent aider à signaler une épidémie mais ils doivent être analysés pour permettre aux autorités sanitaires de réagir, estiment des chercheurs réunis en congrès à Casablanca.
« Des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook peuvent aider à la détection et la prévention de pandémies» , a assuré à l’AFP Patty Kostkova, une chercheuse à la City University de Londres.
Son équipe multidisciplinaire a recensé, trié et étudié près de trois millions de messages en anglais contenant le mot « grippe» , postés sur Twitter entre mai et décembre 2009. Au terme de ce travail de fourmi, ils ont trouvé une corrélation entre les « posts» concernant la grippe H1N1 et les cas déclarés de grippe recensés par le système de santé britannique (NHS).
En juillet 2009, « le pic sur Twitter pouvait laisser prévoir un pic à venir dans la contamination jusqu’à une semaine avant les données officielles de veille sanitaire» , a souligné Mme Kostkova.
La chercheuse a présenté les résultats de ces travaux lors de la 3e conférence internationale de l’e-santé à Casablanca, du 13 au 15 décembre.
Selon elle, la surveillance des réseaux sociaux permet donc « d’anticiper, prédire ou localiser géographiquement des pandémies» .
Un tel système serait à même d’informer plus tôt « les autorités sanitaires sur une future hausse de la demande de services de santé, les inciter à adapter les effectifs, ou à constituer des stocks suffisants de médicaments ou de vaccins pour faire face à une épidémie à venir» , explique-t-elle encore.
Mais la masse d’informations transitant sur le web nécessite que les messages soient traités de façon à offrir aux professionnels de la santé des informations vérifiées.
« L’enjeu est le suivant: manipuler efficacement toute la masse de données véhiculées par les réseaux sociaux pour faire sortir des informations fiables» , a souligné Gayo Diallo, chercheur au laboratoire d’épidémiologie statistique et informatique de l’université Bordeaux 2 (sud ouest de la France).
Pour Najeeb Al-Shorbaji, directeur de recherche à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce développement peut « rationaliser le processus de prise de décision gouvernementale et au niveau des institutions internationales de la santé» . « Encore faut-il que les gouvernements prennent conscience de ces enjeux et s’impliquent, notamment sur le plan financier» , a-t-il ajouté.
L’OMS étudie d’ailleurs comment contrôler à travers les réseaux sociaux le passage d’une épidémie d’un pays à un autre. « Nous en sommes encore à un stade préliminaire et il est trop tôt pour en dire plus» , indique prudemment l’organisation.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) étudie lui aussi cette possibilité, pour Twitter et d’autres médias sociaux. « Nous devons rechercher plus d’indications pour comprendre à quel point ces sources d’information peuvent être fiables» , a indiqué l’ECDC à l’AFP.
Source : AFP



ilham labsir








