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Santé:Les CHU de nouveau paralysés
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Santé:Les CHU de nouveau paralysés

Par: le mardi, juin 17, 2008

Le feuilleton de protestations des médecins résidents et internes du Maroc semble présenter un nouvel épisode. En effet, les médecins des quatre CHU du Maroc entendent poursuivre aujourd’hui, leur grève tant que le ministère de la Santé n’aura pas donné une suite favorable à leurs revendications.

Le feuilleton de protestations des médecins résidents et internes du Maroc semble présenter un nouvel épisode. En effet, les médecins des quatre CHU du Maroc entendent poursuivre aujourd’hui, leur grève tant que le ministère de la Santé n’aura pas donné une suite favorable à leurs revendications. Et leur volonté semble monter d’un cran, car à l’heure où nous mettions sous presse, ils maintiennent la généralisation du débrayage même aux urgences. Ce qui risque de faire beaucoup de dégâts, vu la sensibilité de ces services. « Nous maintiendrons cette grève puisque nous n’avons pas eu de propositions concrètes de la part de la ministre de la Santé, Yasmina Baddou. Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes déterminés à faire valoir nos droits », déclare Mohammadin Boubekri, secrétaire général du Syndicat indépendant des médecins du secteur public SIMSP.

Aussi, même s’il faut « reconnaître que le dialogue avec la ministre de la Santé a été entamé, ce qui constitue déjà un premier pas, nous ne sommes actuellement qu’au stade des échos. Il n’y a encore rien de concret. C’est la raison pour laquelle nous entendons continuer notre combat », ajoute M. Boubekri. Pourtant, selon un responsable du cabinet du ministère de la Santé, le dossier des revendications des médecins résidents et internes est dans son stade final : « Cette problématique date depuis longtemps. Lorsque nous sommes arrivés au ministère, nous avons aussitôt déclenché le traitement de ce dossier épineux. Je voudrais aussi préciser que la solution dépend de plusieurs autres pouvoirs publics. Car c’est aussi un problème multi départemental.

De ce fait, notre ministère joue un rôle d’intermédiaire entre les autres autorités concernées et c’est normal que la procédure prenne du temps », confie la même source. Rappelons que les revendications concernent le statut des médecins résidents et internes, leurs salaires et leur couverture sociale. Ainsi, les médecins continuent de dénoncer l’absence de couverture médicale et les conditions de travail jugées « catastrophiques » et « immorales ». « Outre le fait que nous sommes amenés à faire des gardes de 48h par mois, ces dernières ne sont pas rémunérées. Par conséquent, nous sommes contraints de prendre en charge nous-mêmes tous nos frais ». Pour ce qui est de l’équivalence des diplômes, c’est une autre paire de manches.

L’Etat ne délivre aux médecins qu’un seul diplôme. Les médecins du secteur public exigent une équivalence entre leur diplôme et un doctorat d’Etat, afin de pouvoir bénéficier d’un salaire équivalent à celui des fonctionnaires. Autres problèmes de taille, l’ancienneté et l’intégration des résidents. Les médecins revendiquent la comptabilisation de l’ancienneté, ainsi que leur intégration à la fonction publique à partir de la première année de résidanat. A ce sujet, il convient de rappeler qu’un médecin résident a un diplôme en médecine générale qui lui permet de passer le concours de résidanat pour intégrer une spécialité quelconque. Au terme de 5 années (pour la spécialité médicale) et 4 années pour la spécialité chirurgicale, le résident acquiert le statut de médecin spécialiste après une douzaine d’années de formation. Or, ce que les médecins résidents déplorent, c’est le statut de stagiaire qui leur est imposé, durant les deux premières années de formation à la spécialité.

Et ce n’est qu’à partir de la troisième année que le médecin résident est intégré, même si ce dernier ausculte les patients, prescrive les médicaments et fait des opérations chirurgicales au cours de sa formation. Parmi les autres revendications, il y a lieu de relever le droit de postuler à des internats, le droit de bénéficier d’une formation continue sans contrat, la révision de la formation de base, ainsi que la mise en œuvre d’un programme clair de formation permanente. Notons enfin, qu’à travers ces protestations, les médecins entendent faire pression sur le ministère de la Santé qui « refuse d’entamer un dialogue direct avec le Syndicat et de donner suite à leurs réclamations », conclut Mohammadin Boubekri.


Plan de réforme
Pour réformer le secteur de la Santé, le gouvernement a élaboré une nouvelle stratégie sanitaire. Ce plan, qui s’étendra sur la période 2008 à 2012, prendra en compte deux priorités fondamentales : faciliter l’accès aux soins des catégories défavorisées et réduire le coût des soins et des médicaments. Le Maroc compte à l’heure actuelle 46 médecins pour 100.000 habitants, dont 44% sont concentrés dans l’axe Rabat-Casablanca. Le pays ne compte que 130 hôpitaux et 2.000 centres de santé de base. Ceux qui habitent dans les régions éloignées sont souvent contraints de se rendre dans les grandes villes pour se faire soigner.

Aussi, le ministère de la Santé envisage de restructurer le système national de santé en mettant en place des structures régionales, jouissant de l’autonomie de gestion. Selon le gouvernement, les citoyens doivent pouvoir compter sur une offre de soins accessible et bien répartie aux quatre coins du Maroc, même dans les régions les plus éloignées.

Dans le même contexte, la stratégie de réforme s’assigne pour objectif de prendre en charge les maladies de longue durée comme le cancer, le diabète, la santé mentale. Elle ambitionne également de mettre à niveau les hôpitaux, d’assurer une coordination efficace et méthodique entre les différents établissements hospitaliers à travers le pays, d’élaborer une carte nationale de la santé, d’initier une nouvelle approche en matière de gestion des ressources humaines, de mettre en œuvre et d’élargir le régime d’assistance médicale. Par Rajaa Kantaoui | LE MATIN

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