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Sidi Slimane:La vie après les inondations…
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Sidi Slimane:La vie après les inondations…

Par: le jeudi, février 26, 2009

La vie a déjà repris ses droits à Sidi Slimane. La ville qui a été envahie par les eaux de oued Beht et ses affluents renoue petit à petit avec son rythme quotidien de vie.

La vie a déjà repris ses droits à Sidi Slimane. La ville qui a été envahie par les eaux de oued Beht et ses affluents renoue petit à petit avec son rythme quotidien de vie.
Les écoles ont rouvert leurs portes après une fermeture qui a duré quelques jours. Pour les habitants de cette petite ville, les inondations, malgré les dégâts et pertes, ont propulsé Sidi Slimane au-devant de la scène. Cette dernière a vu défiler en l’espace de quelques jours seulement, de nombreux équipages de chaînes satellitaires et des dizaines de journalistes étrangers et marocains. Jamais la ville n’aura attiré un si grand nombre de journalistes. Mais voilà que l’intérêt des médias n’est plus comme au départ. Les journalistes sont partis avec leurs caméras et l’actualité est passée à autre chose. Les habitants, eux, se retrouvent seuls à faire face à des conditions de vie difficiles. Mais il faut dire que les autorités et les responsables sont parvenus tout de même à contenir la situation malgré l’ampleur de la catastrophe. Toutefois, les dégâts provoqués par les inondations vont nécessiter certainement plus de temps et plus de moyens. En effet, des centaines de personnes ont perdu leurs maisons au cours des inondations. Les eaux ont également emporté une bonne partie de leurs biens. Autrement, toute tentative par ces personnes pour reconstruire leurs maisons sera difficile.
Les sinistrés ont été logés à Corial, une célèbre usine spécialisée dans l’exportation des agrumes dans la ville. Selon des témoignages recueillis sur les lieux, cette usine abritait au départ plus de 3000 personnes. Aujourd’hui, moins de 600 personnes demeurent sur place. A l’intérieur de l’usine où chaque famille s’est aménagée un petit espace, des cris et pleurs des enfants se mêlent aux chuchotement et autres sons des adultes. Ceux qui restent toujours à Corial n’ont pas où aller puisqu’ils ont perdu leurs maisons. Devenus des sans-abri, ils sont contraints d’attendre la concrétisation des promesses qu’ils ont reçues. Mais ils savent tous que l’attente va durer encore des semaines, des mois, voire des années. « Les habitants de Sidi Slimane sont en majorité des journaliers ou des vendeurs ambulants. Ils n’ont pas donc les moyens nécessaires pour reconstruire leurs maisons.

Nous comptons énormément sur l’aide des autorités. Autrement, nous serons condamnés à vivre dans la rue », affirme Saïd un habitant du douar Ouled Rhazi qui a également perdu sa maison. Père de quatre enfants, il est vendeur de sandwichs. Ce dernier affirme que certains agents de l’autorité locale ont commencé ces derniers temps à inciter les sinistrés à quitter le centre d’accueil Corial. « Au début, ils ont demandé à ceux dont les maisons ont été partiellement endommagées de quitter. Ensuite, ils ont commencé à demander aux autres de louer des maisons en attendant le relogement. Pourtant, la quasi-totalité des familles n’ont pas les moyens pour louer des maisons. A mon avis, c’est juste une ruse pour diminuer le nombre des réfugiés au centre. Les familles commencent peut- être à constituer un lourd fardeau pour les autorités », ajoute-t-il.
Elus absents…
Des habitants interrogés, l’absence des élus avant et après les inondations demeure inexpliquée. « Je pense que les élus locaux ont peur d’être pointé du doigt après cette catastrophe qui a permis à l’opinion publique nationale de voir de près le manque des infrastructures », déclare un habitant. Les inondations ont donc dévoilé la précarité dans laquelle vivaient les habitants de Sidi Slimane.
Pour certains, la ville manque des infrastructures de base. Pour d’autres, le manque réside plutôt dans la mise en place des infrastructures ce qui a rendu la situation encore difficile. Au quartier Ouled Rhazi, à la périphérie de la ville, la pauvreté et l’exclusion, font partie du quotidien des habitants. « La mise en place quelques mois auparavant d’un réseau d’assainissement a provoqué d’énormes problèmes pour les habitants du douar Ouled Rhazi. Les eaux de la pluie ne vont pas directement dans les égouts car les normes n’ont pas été respectées. Ainsi, l’eau se propage sous les maisons et fragilise de facto leurs fondements. Toutes les maisons à Ouled Rhazi menacent de s’écrouler à tout moment », affirme un habitant. « Plusieurs maisons s’étaient écroulées dès le début de la saison des pluies.
Ainsi, les inondations ont tout juste dévoilé au grand jour des dysfonctionnements qui existaient déjà. Tous les habitants sont actuellement menacés », lance un autre. Selon de nombreux habitants du quartier, la société chargée de la mise en place du réseau d’assainissement « n’a pas totalement rempli son travail ». Certains pointent du doigt les élus locaux. Plusieurs tentatives effectuées par les habitants du quartier pour pousser les élus locaux à agir, sont restées vaines. Cependant, il est difficile de vérifier la véracité de ces propos. En tout cas, tous les murs des maisons sur place sont lézardés et les habitants tentent tant bien que mal de restaurer les maisons fissurées. Le hic, c’est que la restauration nécessite de l’argent alors que la population vit une situation difficile après les inondations puisque de nombreux citoyens ont perdu leurs emplois
Chômage
La majorité des habitants de Sidi Slimane s’active dans le secteur de l’agriculture. Seul bémol, la campagne agricole de cette année devrait subir les répercussions des inondations. Selon le ministère de l’Agriculture, les débordements des oueds ainsi que les eaux stagnantes ont submergé des milliers d’hectares. Parmi les cultures les plus endommagées, on retrouve les céréales et les légumineuses. Même si le ministère de tutelle s’est montré rassurant en estimant que les cultures au niveau des zones touchées par les inondations ne sont pas totalement perdues, les habitants, eux, restent sceptiques. Pour ces derniers, la population locale devrait aussi subir l’impact de cette catastrophe. Le secteur de l’agriculture emploie des centaines voire des milliers de personnes. « De grandes fermes emploient de nombreux habitants de la ville. Maintenant que les terres agricoles ont été submergées par les eaux, les propriétaires n’auront pas besoin de beaucoup de main- d’œuvre », affirme un habitant du douar Ouled Malek.
A Sidi Slimane, les habitants, particulièrement les jeunes, n’ont pas beaucoup le choix. Le chômage bat des records dans cette petite ville.

Ces dernières années, de nombreuses usines ont fermé leurs portes et les jeunes sont contraints de quitter la ville pour trouver un emploi. « Quelques années auparavant, l’usine spécialisée dans la fabrication du sucre a fermé ses portes. D’autres usines ont aussi mis la clé sous la porte. Cette situation a poussé les habitants de Sidi Slimane notamment les jeunes à s’installer ailleurs pour mieux gagner leur vie », affirme Mohamed. Ce dernier a quitté très tôt les bancs de l’école pour aider ses parents. Actuellement, il effectue des allers et des retours entre Sidi Slimane et Tanger. « Grosso modo, nous avons deux communautés établies hors de Sidi Slimane. Les membres de la première communauté, vivent dans différents pays européens notamment l’Espagne. Ceux-là ne rentrent que l’été. La deuxième communauté est établie à Tanger. Au fait, cette ville attire de plus en plus les jeunes en quête d’un job ces dernières années. Les membres de cette communauté rentrent surtout durant les fêtes religieuses », poursuit Mohamed. Ce dernier, comme les autres habitants de Sidi Slimane, espère que la ville attirera plus l’attention des responsables après les inondations. Certains sont même plus optimistes car ils ont lu dans les journaux que des gisements du gaz naturel existent dans la région du Gharb…
Par Mohamed Badrane | LE MATIN

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