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Suite à l’arrêt des salaires des médecins spécialistes, des sit-in sont prévus du lundi au vendredi prochains
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Suite à l’arrêt des salaires des médecins spécialistes, des sit-in sont prévus du lundi au vendredi prochains

Par: le jeudi, janvier 29, 2009

Le dossier des femmes médecins spécialistes n’est pas prêt d’être clos. Alors que le ministère a procédé en novembre dernier à l’arrêt de salaires de ces fonctionnaires pour les contraindre à rejoindre leur poste, lesdites médecins montrent toujours de la résistance et refusent de regagner leurs lieux d’affectation.

Certes, le nombre des revendicatrices a diminué pour atteindre 50 mais les femmes médecins protestataires se disent décidées à mener leur combat jusqu’à la fin. Ainsi, pour faire entendre leur voix, elles ont décidé d’organiser des sit-in quotidiennement et tout au long de cette semaine devant le siège du ministère de la Santé pour sensibiliser l’opinion publique à leur cause. « Certaines d’entre nous se sont vues dans l’obligation de rejoindre leur poste à cause des contraintes matérielles. Mais cela ne réduit pas pour autant la crédibilité de notre cause » souligne Maha Benjelloun, l’une des médecins protestataires. Le bras de fer entre le ministère de la Santé et les médecins ne semble pas être prêt à prendre fin prochainement puisque les femmes « toubibes » menacent de durcir le ton et passer à la vitesse supérieure.

Ces dernières se disent prêtes au cas où le ministère garderait la même position, à entamer une grève de la faim. « Il n’y a absolument aucune justice, aucune égalité et surtout aucune transparence dans les décisions prises par cette nouvelle équipe ministérielle. Contrairement aux clichés, nous voulons rendre service à notre pays mais sans avoir à condamner nos foyers et nos enfants. Je crois que le droit au regroupement familial ne devrait même pas se discuter, et c’est vraiment malheureux que le ministère en fasse une impasse et qu’il veuille sacrifier une centaine de femmes spécialistes dont le Maroc a cruellement besoin pour l’unique raison qu’elles demandent un droit tout à fait naturel de rester près de leurs conjoints et de leurs enfants », souligne l’une des spécialistes sur un ton ferme.

Des arguments qui restent peu convaincants pour le département de Yasmina Baddou. Selon une source proche du dossier, le ministère considère que les menaces lancées par ces fonctionnaires ont beaucoup réduit la crédibilité de leur cause. « La position de ces spécialistes a lésé non seulement le ministère mais aussi les populations. Les intérêts de la patrie devraient normalement passer avant ceux personnels mais ce n’est pas le cas ici même si ces médecins doivent beaucoup à l’Etat qui a financé leurs études », souligne la même source. Pour la ministre de la Santé, il n’est plus possible donc de faire « la différence » entre les cadres de la Santé sur la base de leur situation matrimoniale surtout lorsque cela menace l’équilibre de la carte sanitaire. « Le Maroc a besoin de toutes ces compétences hommes et femmes. Il ne faut jamais oublier qu’il s’agit aussi de l’intérêt du malade. Tous les médecins veulent s’installer dans l’axe Rabat-Casablanca alors que certaines zones souffrent toujours d’un grand manque.

Cela ne pourra plus durer. Il est temps de faire une répartition équilibrée des ressources humaines selon le besoin de chaque région », ajoute la même source.
Selon la nouvelle circulaire du ministère de la Santé, les femmes médecins devront donc passer un à deux ans dans leur lieu d’affectation avant de pouvoir prétendre à une mutation à leur ville de résidence.
« Deux années de trop » pour les spécialistes mariées et mères. « Nous avons pratiquement le même âge entre 34 et 38 ans.

Une trentaine d’entre nous sont enceintes. Comment peut-on demander à une femme qui a deux à trois enfants en bas âge d’accepter d’être affectée à 1200 km de sa ville de résidence. Le ministère réclame l’impossible. Et nous, nous continuerons d’exiger nos droits », ajoute une autre médecin protestataire. Le collectif des femmes médecins spécialistes a décidé donc de continuer son mouvement revendicatif.

Le ministère de la Santé, quant à lui, reste confronté à un véritable dilemme. Obliger ces femmes médecins à rejoindre leur poste en exerçant la pression, ou revoir leur dossier à la base de leur situation matrimoniale…

L’origine du problème

Le ministère de la Santé avait procédé à un tirage au sort en août dernier dans le but de désigner le lieu d’affectation de 111 médecins spécialistes. Ce dernier dit avoir recouru à une alternative démocratique et transparente pour désigner le lieu d’affectation des médecins. « Nous avons toujours du mal à comprendre la position de ces médecins.

En effet, ces praticiens font partie d’une promotion de 327 médecins dont 210 se sont déjà rendus à leur lieu de travail. Certes 80% de ces médecins sont des femmes et la plupart d’entre elles sont mariées, mais cela n’est pas une raison pour faire l’exception à la nouvelle règle », souligne une source au ministère de la Santé. En effet, ledit tirage au sort avait mis fin à la pratique selon laquelle, l’affectation de la femme mariée se faisait dans un périmètre de 120 kilomètres de son lieu d’habitation. Un avantage qui lui permettait de rejoindre son domicile conjugal en fin de journée. Cette décision avait rapidement suscité la colère des femmes médecins mariées de la promotion 2007. Une promotion qui sera d’ailleurs la première à tester de l’efficacité de cette nouvelle méthode d’affectation.

Par Yousra Amrani | LE MATIN

www.lematin.ma

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