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Syrie: Washington et Paris veulent une action militaire « limitée »
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Syrie: Washington et Paris veulent une action militaire « limitée »

Par: le samedi, août 31, 2013

Les Etats-Unis et la France ont affiché leur détermination à mener une action militaire « limitée » en Syrie devant l’accumulation des preuves sur la responsabilité du régime dans l’attaque chimique.

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CPour le régime syrien, les « preuves » avancées par les Etats-Unis, qui évoquent un bilan d’au moins 1.429 morts dont 426 enfants, ne sont cependant que « des mensonges ».
Après le coup de théâtre jeudi à Londres, où le Parlement a rejeté une intervention militaire, et face à l’impasse à l’ONU, Washington a dit pouvoir compter sur des alliés comme la France, la Ligue arabe et l’Australie.

Le président Barack Obama s’est ainsi longuement entretenu avec son homologue français François Hollande vendredi après-midi avec qui il s’est entendu pour « envoyer un message fort » à la Syrie afin de dénoncer l’usage des armes chimiques, a déclaré la présidence française.
Barack Obama (g) et François Hollande (d) se serrent la main lors d’une rencontre bilatérale en marge du G8 à Lough Erne, en Irlande du Nord, le 18 juin 2013

A Paris, on estime que le refus de Londres d’intervenir en Syrie ne change pas la position de la France, « proche alliée et amie » des Etats-Unis, qui souhaite une action « proportionnée et ferme » contre le régime de Damas, selon François Hollande.

Ankara va beaucoup plus loin: le premier ministre Recep Tayyip Erdogan veut un changement de régime, déclarant qu' »une opération limitée ne peut nous satisfaire ».

En Amérique du Sud, les 12 chefs d’Etat de l’Unasur, réunis vendredi en sommet au Surinam, ont adopté une déclaration commune condamnant « les interventions extérieures » en Syrie. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a également averti son homologue français qu’une attaque contre la Syrie, entrainant la mort ou la destitution du président Bashar al-Assad, « infecterait l’Europe avec du terrorisme ».

Pour sa part, le président des Etats-Unis a souligné qu’il réfléchissait à une action militaire « limitée » contre le régime de Bachar al-Assad en réponse à l’attaque du 21 août.
Assurant qu’un recours à des armes chimiques menaçait la sécurité nationale américaine, M. Obama a affirmé qu’il n’avait pas encore pris de « décision finale » mais que le monde ne pouvait pas accepter que des femmes et des enfants soient gazés.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a de son côté justifié la position américaine en présentant les conclusions des agences de renseignement américaines sur l’attaque.
Dans leur rapport, ces agences disent avoir la « forte certitude » que le régime de Bachar al-Assad est responsable de l’attaque dans les faubourgs de Damas, le 21 août dernier. Elles rejettent également la théorie défendue par Damas et la Russie selon laquelle la rébellion serait responsable de cette attaque. Une « hypothèse hautement improbable », selon Washington.
« Ce que l’administration américaine a qualifié de preuves irréfutables (…) n’est rien de plus que d’anciennes histoires diffusées par les terroristes (ndlr: les rebelles) », a affirmé le ministère syrien des
Affaires étrangères.

« Impuissance » du Conseil de sécurité

Pour tenter de rassurer l’opinion publique et de nombreux membres de la communauté internationale guère favorables à une intervention en Syrie, le président américain Barack Obama a « dit très clairement que, quelle que soit la décision qu’il prendra sur la Syrie, elle ne ressemblera en rien à l’Afghanistan, l’Irak ou même la Libye. Il n’y aura pas de troupes au sol », a aussi insisté M. Kerry.

La question d’une action militaire « va au-delà » de la Syrie, mais doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne resteront pas inertes si un jour ils « songeaient à recourir à des armes de destruction massive », a encore noté le secrétaire d’Etat.

Une « fenêtre d’opportunité » pour d’éventuelles frappes, a-t-il dit, va s’ouvrir samedi après le départ des 13 experts de l’ONU de la Syrie. Ils ont quitté leur hôtel de Damas en convoi, tôt dans la matinée de samedi, selon un correspondant de l’AFP.

Ils devraient « rapidement » faire un rapport sur l’usage éventuel d’armes chimiques dans le conflit syrien, avait déclaré vendredi le porte-parole des Nations unies.

Le secrétaire général de l’ONU a pour sa part reçu vendredi pendant un peu plus d’un heure les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) pour évoquer le déroulement de l’enquête.

A la Maison Blanche, Barack Obama n’a pas manqué de rappeler l' »impuissance » du conseil de sécurité, bloqué depuis le début de la crise syrienne.

Fermement opposé à toute intervention dans le conflit en Syrie dont il est le fidèle allié, le Kremlin a averti qu’une intervention militaire porterait un « coup sérieux » à l’ordre mondial basé sur le rôle central des Nations unies.

Si une rencontre bilatérale semble exclue entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain lors du G20 à Saint-Petersbourg, les 4 et 5 septembre, une rencontre informelle pourrait quand même avoir lieu entre les deux chefs d’Etat, selon le conseiller diplomatique du Kremlin.

Moscou a décidé d’envoyer deux nouveaux bateaux de guerre en Méditerranée.

Les Etats-Unis n’ont cessé quant à eux de renforcer leurs capacités face aux côtes syriennes. Ils disposent désormais de cinq destroyers équipés de missiles de croisière capables de mener des attaques ciblées contre des dépôts de munitions ou des infrastructures stratégiques du régime Assad.

En dépit des menaces d’intervention militaire, les agences humanitaires de l’ONU ont indiqué que leur personnel continuait de travailler en Syrie, ravagée par une guerre dévastatrice depuis près de deux ans et demi qui a fait plus de 100.000 morts et poussé à la fuite des millions de Syriens.

Dans la capitale syrienne, place forte du régime qu’il défend avec acharnement face aux attaques rebelles, l’ambiance est à la mobilisation. Les policiers dans leurs voitures sont prêts à faire face à tout désordre, les agents de sécurité patrouillent en armes dans certaines rues et les contrôles sont plus stricts aux barrages routiers.

Enfin, plusieurs pays continuaient en outre de se préparer à d’éventuelles répercussions en cas de frappes. Israël a notamment annoncé le déploiement de batteries antimissiles dans le nord mais aussi, selon la radio militaire, dans l’agglomération de Tel-Aviv.

Source:Menara

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