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Tout savoir sur cette glande
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Tout savoir sur cette glande

Par: le jeudi, janvier 24, 2008

Stressé, agité, hyperactif, l’esprit et le corps toujours sur la brèche… Et si c’était votre thyroïde qui vous jouait des tours ? L’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie sont les principaux dérèglements de cette petite glande qui ressemble à un papillon (située dans la partie antérieure du cou, devant la trachée, contre le larynx).

Scientifiquement définie comme une glande unique, composée de deux lobes latéraux et d’un isthme qui les relie, et pesant environ 30 g, la thyroïde est une glande responsable de la sécrétion des hormones, grâce à l’iode qu’elle se procure dans le sang.

Zoom sur un mal silencieux

Quelles sont les causes de cette maladie, quel est le traitement adéquat ? La chirurgie laisse t-elle des traces ?
La maladie se manifeste, généralement au début de l’affection, sans signe visible. Néanmoins, une simple visite chez le spécialiste peut la dévoiler.
Cependant, il sied de préciser que le médecin traitant doit être choisi selon le degré de l’inflammation. Ainsi, « s’il s’agit d’un dysfonctionnement de la glande, d’un cancer, d’une grosseur ou autre, la consultation d’un chirurgien spécialisé est primordiale. Par contre, si aucun signe externe n’es constaté, il est convenable de voir un endocrinologue, qui prescrira un traitement » explique Abderrahim Quarmouchi, ORL et chirurgien cervico- maxilo- facial. Il poursuit : « Les signes de la maladie diffèrent selon sa nature et son stade d’avancement. Ainsi, le goitre se caractérise par l’augmentation du volume de la glande thyroïde, les nodules par une grosseur localisée dans la thyroïde, les thyroïdites par une inflammation, un dysfonctionnement, une compression.

Quant aux cancers, ils marquent la présence d’un nodule froid ou chaud ou encore un goitre multi nodulaire ». Cela dit, il est fréquent que la pathologie thyroïdienne se manifeste par des signes isolés d’hyperthyroïdie (amaigrissement, palpitations, nervosité, tremblements, sueurs, soif et, en cas de maladie de Basedow, saillie des yeux en avant) ou d’hypothyroïdie (ralentissement, prise de poids, frilosité, constipation, crampes, sécheresse de la peau).
En effet, « Une personne qui souffre d’hyperthyroïdie ou de thyrotoxicose est amaigrie malgré un bon appétit, très fatiguée mais hyperactive, transpire et craint la chaleur, est assoiffée, anxieuse, hyperémotive, instable. Son rythme cardiaque est accéléré en permanence.

Ses yeux rouges ne se ferment pas. Son regard est exorbitant. Ses cheveux sont secs et cassants, elle présente une dépigmentation des bouts de doigts, et des troubles de la libido et éventuellement des règles. En résumé, la main hyperthyroïdienne est chaude, moite, tremblante et maladroite. Agitée d’une activité incessante » décrit notre spécialiste.
Par contre, l’hypothyroïdie ou myxœdème, dont le diagnostic doit être fait très tôt, dés la naissance (car non traité, il sera à l’origine d’un nanisme dysmorphique et disharmonieux). « Il faut se méfier d’un enfant immobile, qui ne pleure ni ne sourit », rappelle A. Quarmouchi. Il poursuit : « Le visage d’un patient souffrant d’hypothyroïdie est arrondi. Sa peau est épaisse, infiltrée, pâle, sauf les pommettes et les lèvres, qui sont sèches et froides. Sa langue et grosse, ses dents cariées, sa voix rauque ». Ces patients souffrent aussi d’une surdité, d’une chute de cheveux, d’un boudinement des membres cylindriques et des doigts, d’une fragilité des ongles.

Les troubles de la concentration, la somnolence diurne, l’indifférence (parfois l’agitation et la colère), des crampes au niveau de la racine des membres, bref une fatigue réelle est souvent remarquable. Il présentent également un ralentissement du rythme cardiaque, une baisse de la tension, un assourdissement des bruits du cœur, une augmentation du volume du cœur parfois révélée par une insuffisance cardiaque très aiguë. En tout cas, si le regroupement de tous ces signes est remarqué, un bilan thyroïdien s’impose, avec notamment des dosages hormonaux, qui confirmeront le diagnostic. Le traitement doit intervenir rapidement, car l’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie peuvent entraîner des complications cardiaques.

Quels examens pour la thyroïde ?

Qu’il s’agisse de tumeurs bénignes, de cancers ou de simples dysfonctionnements, les maladies de la thyroïde sont extrêmement fréquentes.
Il existe de nombreux examens très précis pour dépister et diagnostiquer les maladies de la thyroïde. Le premier examen pour explorer ce petit organe est la palpation. Le médecin pourra ainsi dépister un goitre ou des nodules. Viennent ensuite les techniques d’imagerie, avec l’échographie et la scintigraphie. Ces deux examens sont totalement indolores.
L’échographie, réalisée en passant une sonde à ultrasons sur le cou, permet de visualiser la thyroïde, les nodules (kystes) et d’en donner les dimensions.
Quant à la scintigraphie, elle permet, après ingestion d’une très faible dose d’iode ou de technetium radioactif, de déterminer au moyen d’une caméra si un nodule thyroïdien sécrète des hormones thyroïdiennes.

De facon générale, les affections thyroïdiennes sont, dans l’ensemble, facilement curables. Bien qu’elles imposent, parfois, un traitement à vie. De même, la chirurgie de la thyroïde est aujourd’hui bien codifiée et considérée comme une chirurgie facile, dont on ne garde généralement aucune cicatrice.
Ceci dit, en cas d’hyperthyroïdie avec saillie des globes oculaires (maladie de Basedow le plus souvent), un traitement médical est d’abord tenté,
en administrant pendant 18 mois un médicament capable de freiner l’activité de la glande.

En cas d’échec, la chirurgie permet la guérison rapide, en enlevant 9/10e de la thyroïde, pour ne conserver que ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de
l’organisme. Comme toute maladie, un diagnostic précoce pourrait éviter le pire, la visite « médicale » est incontournable.
A. Quarmouchi passe le message : « Arrêtons d’écouter les gens qui ne sont pas du domaine. L’éternelle phrase qu’est « galou liya » doit être bannie à jamais de notre langage. Mais qui vous a dit quoi ? La plupart des patients ne savent pas répondre à cette question. J’ai toujours dit qu’au Maroc, on est tous médecins, sauf que nous n’avons pas tous des diplômes et il ne suffit pas d’avoir un diplôme pour avoir une aura ».


Nécessité de la chirurgie
La présence de nodules, petites tumeurs, nécessite généralement une intervention chirurgicale. Soit parce que leur volume est important, soit parce qu’ils risquent d’être cancéreux ou encore parce qu’ils provoquent une hyperthyroïdie avec un risque cardiaque. Dans la grande majorité des cas, le nodule est bénin et seule une petite portion de la glande est enlevé. Les interventions thyroïdiennes sont généralement faciles, la glande est superficielle et facile à explorer.

L’hospitalisation est de très courte durée et l’intervention laisse peu ou pas de trace, la cicatrice étant placée dans un pli du cou. L’ablation totale ou subtotale (si la tumeur est inférieure à 1 cm) de la glande, associée au traitement des chaînes ganglionnaires adjacentes, suffit généralement à assurer la guérison. Parfois, ce traitement est suivi par l’administration d’iode radioactif, pour assurer la destruction du tissu thyroïdien restant et diminuer le risque de rechute.

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