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Vente de sardines : Pas de contrôle d’hygiène
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Vente de sardines : Pas de contrôle d’hygiène

Par: le vendredi, septembre 19, 2008

Durant le mois de Ramadan, le commerce est encore plus florissant. Comme à l’accoutumée, ce ne sont pas uniquement les commerces réguliers dont l’activité se fait plus abondante, les chômeurs et vendeurs ambulants profitent également de cette frénésie des achats et convertissent ainsi leurs activités initiales vers la vente des marchandises qui s’écoulent le mieux durant ce mois béni.

Ainsi, le secteur informel devient de plus en plus prospère et nombreux sont ceux qui s’adonnent à de petits métiers occasionnels. C’est le cas des vendeurs de poissons improvisés. Des jeunes et moins jeunes s’adonnent à ce métier dans les rues et à côté des marchés. Ils transforment certains quartiers, trottoirs et places publiques en « marché » de poisson ou plutôt de sardines. Dès les premières heures de la matinée, ces poissonniers improvisés déposent leurs caisses en bois pleines de sardines et commencent la vente dans des conditions loin d’être idéales, notamment en ce qui concerne le respect de la chaîne de froid et de l’hygiène.

Exposées au soleil, à la poussière et aux échappements des voitures, les caisses ne sont pas couvertes. Pis encore, elles sont sans glace pour garder le poisson frais. « On met de la glace sur le poisson. Cependant, on ne peut pas en acheter de grands morceaux puisqu’on n’a pas de congélateurs », affirme un vendeur de sardines à Bine Lamdoune. « C’est juste une mise en scène. Les sardines vendues dans les quartiers populaires se vendent sans respect des conditions d’hygiène.

Une fois le vendeur de poisson ambulant voit un client, il jette un peu de glace pilée pour donner l’impression d’avoir une marchandise fraîche », rétorque un habitant du quartier. « Je prére acheter du poisson plus cher au marché que de risquer la vie de ma famille avec ces sardines presque empoisonnées », ajoute-t-il. En effet, certains poissonniers clandestins exhibent leur marchandise près des points de grande circulation et des garages de tôlerie qui répandent toute sorte de particules chimiques toxiques. Ainsi, une grande partie du poisson, notamment les sardines, vendue aux Casablancais est loin d’être de bonne qualité.
Outre les conditions de vente, en matière de transport aussi aucune mesure de contrôle n’est respectée. Les sardines sont généralement acheminées au consommateur par des mobylettes et parfois même dans des petits taxis sans le moindre respect de l’exigence qualité. Or, le poisson à l’image des autres produits périssables doit être conservé à basse température durant son transport jusqu’à sa vente finale.

La wilaya du Grand Casablanca a, semble-t-il, mobilisé l’ensemble des services chargés de la répression des fraudes pour contrôler les prix et la qualité des produits alimentaires pendant ce mois de ramadan. Seulement, aucune campagne n’a été menée pour contrôler la qualité du poisson vendu dans les quartiers populaires à même le sol. Les poissonniers clandestins libres de tout contrôle ne se soucient pas de la qualité du produit. Leur unique souci est de faire le bénéfice coûte que coûte. Par ailleurs, il est difficile pour le simple consommateur de distinguer un aliment frais d’un autre avarié, la tâche incombe aux services de contrôle de la qualité et des prix de la direction du commerce qui doivent accentuer les campagnes de répression jusqu’à éradiquer ce phénomène qui représente un risque sanitaire certain. Dans ce cadre, il est à rappeler que plus de 7 tonnes de poissons avariés de différentes espèces ont été saisies, durant le mois d’août, au port de la métropole. Cette marchandise, estimée à plus de 250.000 DH, provenait de plusieurs ports nationaux et devait être écoulée sur le marché local.

Il convient de noter qu’outre le poisson, plusieurs autres produits frais (viande, volaille, produits laitiers) sont également transportés et stockés sans aucun respect des normes de la chaîne de froid. Plusieurs marchands ambulants et commerçants soucieux de faire des économies d’électricité ne gardent pas certains produits périssables dans des réfrigérateurs.
Ces produits qui transitent par nos cuisines doivent être soumis à des contrôles d’hygiène draconiens pour espérer minimiser les risques de contamination microbienne de la nourriture.

Ces risques peuvent être réduits si le service d’hygiène de la wilaya décide de faire au mieux son travail en imposant des normes de sécurité au transport des produits alimentaires. naitiers) sont également transportés et stockés sans aucun respect des normes de la chaîne de froid. Plusieurs marchands ambulants et commerçants soucieux de faire des économies d’électricité ne gardent pas certains produits périssables dans des réfrigérateurs.

Ces produits qui transitent par nos cuisines doivent être soumis à des contrôles d’hygiène draconiens pour espérer minimiser les risques de contamination microbienne de la nourriture.
Ces risques peuvent être réduits si le service d’hygiène de la wilaya décide de faire au mieux son travail en imposant des normes de sécurité au transport des produits alimentaires.

Nettoyeur de poisson

En plus des vendeurs, le commerce de poisson qui se fat clandestinement dans les marchés ou dans les rues bénéficie à plusieurs autres personnes. ce sont les nettoyeurs qui travaillent jusqu’à dix heures pour 30 à 50 DH par jour. « Dans les jours normaux, on gagne peu, les gens nous donnent ce qu’ils veulent mais durant le mois de ramadan notre gain se double presque », confie Reda, 19 ans qui exerce dans un petit marché près de Bournazel. Dans les jours fastes, Reda peut gagner jusqu’à 100 DH en plus des provisions pour la journée. Ce jeune homme semble satisfait de son boulot puisqu’il lui permet de vivre dignement loin de la mendicité et de la délinquance.

Cet avis est partagé par Abdessadek, 29 ans, également nettoyeur à souk Ermila, il affirme : « C’est un métier qui m’aide à gagner ma vie dignement sans avoir à voler ou à demander de la charité. La « baraka » est dans le « halal » ». « En ce mois de ramadan, je nettoie les sardines à 2DH le kilo. Cela me suffit. Louange à Dieu », ajoute-il d’un ton fier. Exercer ce métier suppose avant tout de supporter des odeurs nauséabondes qui se dégagent des saletés du poisson nettoyé.

Ces personnes, qui travaillent parfois plus de 10 heures par jour, supportent également des blessures à cause des arrêtes tranchantes. En outre, les nettoyeurs ne sont protégés ni contre le soleil en été ni contre le froid en hiver. Ils exercent dans des conditions lamentables exposés aux insectes et aux bactéries sans le moindre respect des normes sanitaires ou hygiéniques. Par Nadia Ouiddar | LE MATIN

www.lematin.ma

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