Inondations, Université, Libertés : Les Positions du Mouvement Damir
Le 18 février 2026, le bureau exécutif du mouvement Damir s’est réuni pour analyser plusieurs dossiers clés de l’actualité nationale marocaine. Leur communiqué final porte sur trois thématiques majeures : les récentes inondations dans plusieurs régions, la réforme de l’enseignement supérieur, et le débat autour des libertés publiques. Entre appréciation des efforts gouvernementaux et appels à plus de transparence et de dialogue, Damir met en lumière les enjeux essentiels auxquels le pays est confronté.
Les Inondations : Solidarité et Appel à une Meilleure Anticipation

Crues et réactions immédiates
Les inondations ont frappé plusieurs provinces dont Larache, Sidi Kacem, Sidi Slimane, Kénitra, Ksar El Kébir, Safi et Tétouan. Le mouvement Damir a exprimé sa solidarité aux victimes et a salué l’intervention rapide des Forces armées, de la Gendarmerie Royale, des services de sécurité, de la Protection civile, ainsi que des autorités locales.
Analyse des tensions dans le modèle agricole
Rachid Benali, président de la Comader, invité sur « L’Info en Face », a expliqué que ces intempéries accentuent la fragilité déjà existante du modèle agricole marocain. Il pointe notamment la volatilité des prix, les pressions climatiques et les comportements spéculatifs des intermédiaires qui fragilisent les exploitations agricoles, laissant les agriculteurs comme maillon le plus exposé.
Vers une gestion proactive des risques naturels
Au-delà de la gestion de crise immédiate, Damir appelle à une stratégie plus ambitieuse centrée sur :
- Un bilan transparent et global des événements, rendu public par le gouvernement.
- Un plan national de gestion des risques naturels incluant des mécanismes de prévention et d’anticipation.
- Une meilleure gestion des barrages et régulation des débits pour éviter les pertes d’eau.
- Le renforcement des infrastructures essentielles dans les zones vulnérables.
- Un encadrement plus strict de l’urbanisation afin de minimiser les risques humains et matériels.
Ces mesures visent à renforcer la résilience du pays face aux catastrophes climatiques récurrentes et à protéger ses populations.
Réforme de l’Enseignement Supérieur : Une Méthode Contestée
Adoption de la loi n°59.24
Damir dénonce la manière dont le projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique a été adopté malgré les protestations d’enseignants et d’étudiants. Le mouvement souligne l’absence d’un dialogue réel et d’une participation effective aux débats sur cette réformenée.
Une réforme, oui, mais avec concertation
Selon Damir, une réforme réussie doit impérativement :
- Impliquer largement tous les acteurs concernés : enseignants, étudiants, instances scientifiques, société civile.
- Débattre ouvertement des objectifs visés et des modalités d’application.
- Garantir l’autonomie des universités et une gestion démocratique.
- Assurer une évaluation participative régulière des impacts de la réforme sur la gouvernance, la qualité des formations et la production scientifique.
Les enjeux pour l’université marocaine
Le mouvement met en garde contre un processus fermé qui pourrait altérer la dynamique universitaire. Il réclame un espace de dialogue et une transparence accrue pour bâtir une réforme acceptée et efficace, capable de relever les défis sociaux, économiques et scientifiques du Maroc.
Libertés Publiques : Vigilance sur la Presse et les Médias
Préoccupations sur l’indépendance des médias
Le mouvement Damir exprime une forte inquiétude au sujet du projet de loi sur le Conseil national de la presse, invalidé par la Cour constitutionnelle. Il estime que ce projet pourrait représenter un recul pour les principes démocratiques consacrés par la Constitution, notamment en ce qui concerne la liberté de la presse.
La liberté de la presse comme droit fondamental
Damir rappelle que la pluralité des opinions, y compris celles critiques envers le pouvoir, est un droit essentiel dans toute démocratie. Ainsi, il appelle à la mise en place d’un cadre légal garantissant :
- L’indépendance des organes de presse.
- La diversité des voix et des opinions.
- Une gestion transparente et démocratique des médias.
Appel à la concertation nationale
Le mouvement insiste sur la nécessité d’une large concertation réunissant :
- Les organisations professionnelles des médias.
- Les institutions constitutionnelles.
- Les représentants universitaires.
- La société civile.
Cette démarche vise à construire un consensus autour des lois destinées à protéger les libertés publiques et la liberté d’expression.
Justice : Soutien à un Dialogue Renouvelé avec les Avocats
Suspension du projet de réforme sur la profession d’avocat
Damir salue la décision du gouvernement de suspendre le projet de réforme concernant la profession d’avocat, en réponse à la mobilisation importante de cette branche.
Un signal positif pour un dialogue constructif
Le mouvement considère cette suspension comme une étape positive vers un dialogue plus approfondi avec les représentants des avocats, qui permettra de mieux protéger les principes fondamentaux du procès équitable, le droit à la défense et l’accès à la justice.
Garanties pour les professionnels du droit
Damir appelle également à renforcer la protection des avocats dans l’exercice de leurs fonctions, condition sine qua non pour garantir un système judiciaire juste et efficace.
Conclusion
À travers son communiqué du 18 février 2026, le mouvement Damir a montré sa volonté d’une participation active au débat national sur des dossiers cruciaux. Reconnaissant les efforts réalisés notamment face aux inondations, il revendique néanmoins une gouvernance plus transparente, plus concertée et respectueuse des principes démocratiques.
Le message est clair : pour répondre aux défis structurels du Maroc, qu’ils soient environnementaux, éducatifs ou liés aux libertés publiques, il faut un dialogue inclusif et une implication sincère de toutes les composantes de la société civile. Le mouvement Damir, en défenseur d’une démocratie participative, propose ainsi une voie ouverte vers une gouvernance plus juste et efficace.
Yousra Amrani — 27 Février 2026
